Excursion pour une incursion en pays Karen

Quelle belle surprise que le Sud Est de la Birmanie ! Des paysages magnifiques (enfin du vert qui résiste à la saison chaude !), des lieux de piété surprenants, et des villes au charme suranné pour ne pas dire délabrées laissant quelques maisons anglaises abandonnées.

Pour la première partie de ce voyage en pays Karen, minorité majoritaire par ici, Cassia, une Suisse-Brésilienne, part avec moi. Je l’ai rencontrée  la veille du départ, elle a quelques jours devant elle, elle est partante pour prendre la route vers le Sud Est birman. Et nous voilà parties toutes les deux dans une voiture de location conduite par Victor un birman qui nous raconte tout. Sa famille, sa vie, les villages que l’on traverse. Enfin, il raconte surtout à Cassia, car je profite de ce voyage de luxe pour récupérer des précédents plus sportifs. Je me réveille le temps d’une pause à la station essence, d’admirer le réservoir qui à l’intérieur du coffre – question sécurité on repassera- et d’une partie de give me five avec deux gamins.
Je note que plus Victor est fatigué, plus il klaxonne, voire de manière continue sur la fin. C’est un genre musical que seuls les amateurs de Pierre Boulez peuvent apprécier.

Victor, les girls, et les kids.

Notre première étape est au célèbre Rocher d’Or, haut lieu de pèlerinage du bouddhisme birman. Pour s’y rendre, le truck est de rigueur. L’expérience relève du grand-huit version camion à bestiaux. Evidemment, nous rigolons pendant les 45 minutes de trajet, pour le coté pieux, on repassera.

pour monter au  rocher or
Nous ne sommes pas mécontentes d’arriver, sauf quand nous comprenons que l’immense esplanade qui entoure le rocher d’or est tout simplement brulante, nos petits pieds d’occidentales ne le supportent pas vraiment. Les Birmans ne sont pas mieux lotis, tout le monde se pose à l’ombre et passe sa journée à manger, se poser, jouer, méditer.

Petits pieds

Nous sommes invitées plusieurs fois à partager un des repas familiaux. Nous nous amusons à regarder des petits moines novices jouer aux voitures télécommandées, à comprendre la signification de toutes les cloches autour de nous, nous nous posons sans rien faire… C’est en fait un véritable lieu de vie, on ne fait pas qu’y passer rapidement, comme en témoignent les trois hôtels pour Birmans autour de l’esplanade.

esplanade rocher d'orLe rocher d’or est impressionnant. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment il tient ainsi en équilibre, il a plutôt l’air stable. En tous cas, il ne fait pas peur aux hommes qui viennent lui coller des feuilles d’or. Les femmes n’y ont pas le droit, elles. Evidemment, ça m’énerve.
Il n’empêche. Je reste là à le regarder. Il est fascinant.

ze famous golden rock
La seconde étape est à Mawlamyine, anciennement Moulmein, on prend vite le pli de ces lieux à double nom. Cette ville me rend triste, elle est un brin grise et l’on sent que son âge d’or est derrière elle. Pourtant un peu de réhabilitation lui redonnerait facilement un charme fou. Mais les Birmans préfèrent construire du neuf, même éphémère.

Les rues de Moulmein

Cassia et moi avons troqué la voiture pour une petite moto et nous partons nous balader dans la campagne environnante. Une échappée belle qui nous donne le sourire, elle en conduisant, moi en me laissant emmener dans ces paysages peuplés de Buddhas.

Easy rider à Mawlamyine

Encore un petit Buddha ?

oh une pagode
Le soir, nous apprécions le coucher de soleil sur le Mékong depuis l’une des pagodes de la ville. Avec vue sur la prison au premier plan, ça surprend.

Pagode du soir, espoir

Sunset à Mawlamyine

Un peu plus bas se tiennent les stands barbecues de rue où nous aimons bien y diner, avec à chaque fois des Birmans qui viennent nous faire la causette. Toujours avec un vocabulaire limité. Alors on parle avec les mains, on chante, on goute des plats curieux et jamais légers !Brochettes party à Mawlamyine

 

Bon, Mawlamyine, ça va deux secondes, mais on se fait la belle assez rapidement vers Hpa-an. Avec un nouveau moyen de transport. Cette fois-ci, c’est le bateau. Nous descendons le Mekong dans une petite barque locale. Sous le cagnard. Avec juste un petit vent arrière qui annihile l’air qui aurait pu nous rafraichir. Pas grave, c’est paisible et beau, surtout à l’approche des reliefs karstiques dans les brumes de chaleur… on ze river

 

Wahouh ! J’adore la région de Hpa-an, j’ai un véritable coup de cœur pour ses paysages, ses chemins au milieu des falaises, ses rizières, ses collections de Buddhas…

Region hpa-an
Une grotte, avec chauve-souris et araignées pas très avenantes, qui débouche sur un mini lac au milieu des rizières… Magique.

Et elles virent de la lumière au bout du tunnel...

 

Un rocher qui me fait immanquablement penser à Avatar… Il ne manque plus que des êtres filiformes bleus, et j’y suis !

Avatar ?

 

Le Mont Zwegabin haut de 700 mètres, qui se grimpe en moins de deux heures chrono, est surréaliste. Il se détache à l’horizon, les parois verticales semblent infranchissables. Mais c’est sans compter les 1150 Buddhas qui donnent la force de s’enquiller les marches d’une hauteur peu protocolaire. Enfin, dans mon cas, en plus des Buddhas, trois jeunes en tongs font le chemin avec moi, ça aide. En guise de récompense, une famille arrivée là-haut m’invite à déjeuner, il est 10 heures du matin, bon très bien, allons-y donc. Je me sens bien avec eux, la chaleur invite plutôt à la sieste qu’à la redescente qui attendra bien encore un peu…

vous y irez bien au Mont Zwegabin ?

En revanche, on oublie la ville de Hpa-an elle-même. Elle est vivante certes, mais je ne suis pas fan du coté dense chaud humide poussiéreux bruyant, le quinté plus gagnant. On sent qu’il y a peu, voire pas, de tourisme. C’est dans cette région que Natacha et Anne-Cécile sont en train d’y construire le premier lodge. Je les ai suivies sur leur chantier, et je me suis prise à imaginer ce que pourrait être ce petit coin de paradis… dans ce grand coin de paradis.

paradis sauvage