Sharon, « c’est fou tout ce qu’on peut faire par amour »

 

Sharon - ile de PAques

 

Sharon est une  délicieuse canadienne d’origine mais rapa nui de cœur.

Je suis à peine arrivée sur l’ïle de Pâques depuis quelques heures et nous nous croisons par hasard. Sharon me prend sous son aile, elle m’adopte, elle pense à ses filles qui ont mon âge et qui voyagent dans le monde entier, elle m’aide dans une montagne de petits détails pratiques, elle me fait découvrir des facettes de son île, elle m’emmène au sens propre et me transporte au sens figuré.

Son histoire, ou du moins une partie de son histoire, est aussi belle que ses yeux bleus.
Elle est venue en 1999 sur l’île de Pâques, à une époque où le tourisme était quasi inexistant.  Aucune voiture sur l’île, seuls les chevaux avaient voie de circulation. D’ailleurs, elle était venue randonner 11 jours à cheval. Au retour de son périple, elle prend la douche de sa vie, je cite. Le bonheur de l’eau, de se sentir propre, une quasi renaissance. Et c’est emplie de ce bonheur qu’elle se promène dans la rue et y rencontre… son futur mari. Elle ne repartira pas de l’île de Pâques. « C’est fou tout ce qu’on peut faire par amour ».
Son mari est décédé quelques années plus tard, elle est restée.

Aujourd’hui, elle se pose la question de retourner dans le Michigan, où elle vivait juste avant de partir pour l’Ile de Pâques. Si elle est très bien implantée dans la communauté rapa nui, elle est en manque de liens forts et profonds, avec des gens ayant le même système de référence peut-être. Et puis, elle aimerait aussi se rapprocher de ses enfants, qu’elle a eu d’un précédent mariage avec un pakistanais mais ça c’est une autre histoire, et voir grandir ses petits-enfants. Mais c’est avant tout de l’amitié dont elle parle.

Ah oui, et au fait, le plus loin où elle est allée ? « Where my soul will bring me. I haven’t been there yet. I am still on journey. »
Je n’ai pas tout compris. Je crois que je n’ai pas été assez rapanuisée…

 

 

Ile de Pâques, 1er février