Quand on quitte le Myanmar…

Après seulement quatre semaines au Myanmar, le décalage de ce pays avec le reste de l’Asie m’apparait encore plus flagrant en arrivant au Laos via une escale à Bangkok.

Je quitte Yangon, j’arrive dans l’aéroport de Bangkok une heure plus tard. J’ai un immense tournis devant les vitrines des magasins qui me semblent tout-à-coup décalées. Les deux pays sont voisins, et quand j’arrivais à peine à trouver des produits de santé de base, ici je tombe sur tout à portée de main, même les marques de l’avenue Montaigne. C’est beaucoup d’un coup, je vais me mettre dans un petit fauteuil, je ferme les yeux et profite de ce moment de confort.

Je me dis qu’il ne s’agit que d’une parenthèse thaïlandaise, et que dès mon arrivée au Laos, je retrouverai la plupart des repères d’un pays asiatique en développement. Que nenni. Une fois arrivée à Luang Prabang, je comprends que rien ne ressemble aux rues birmanes : je ne vois plus d’hommes en londgyi, des moines et pourpre, des nonnes quelle que soient leur couleur, de la piété à chaque coin de rue, des tuk-tuk tricycles… Mais où sont ces sourires rougis de noix de Bethel et ces visages pleins de Thanaka ?

Je m’étonne des routes asphaltées, d’une électricité qui fonctionne en continue, d’une connexion internet qui permet d’accéder aux mails en un temps décent (on n’en est pas encore au haut débit, ne soyons pas trop difficile).
Je n’ai plus dans mon sac des paquets de cash en petites coupures. Et dire que j’ai raté l’époque où la Birmanie avait des billets de 15, 35, 45, 75, 90 khats ! J’aurais adoré, moi qui ai un système de calcul mental si… euh… spécial.
Je me délecte de la nourriture non frite et nettement plus fine, des hôtels et restaurants qui donnent envie de s’y prélasser, des prix accessibles. J’ai troqué la soupe de poisson du petit-déjeuner contre des viennoiseries. Et je repense à la beauté des feuilles d’or des pagodes, des couleurs un peu partout, de la nature que j’imagine luxuriante après la saison des pluies…

Alors, je recherche quelques photos de scènes de vie que je ne reverrai peut-être pas ailleurs…

Je me souviens...