Margie, « venir travailler à Singapour »

Margie

Margie, la merveilleuse.
Margie est la nanny des enfants des amis qui m’accueillent à Singapour. Elle est en fait bien plus qu’une nanny, elle tient la maison tout en efficacité et discrétion.
Elle habite ici, et c’est un vrai plaisir que de la voir. Sauf quand elle m’appelle « Ma’ame », mais elle y tient, elle m’explique cette marque de respect est importante pour elle.

Petit à petit, nous échangeons, un sourire, une parole, une discussion et carrément un sacré bon moment quand nous nous amusons à cuisiner ensemble. Chacune sa spécialité, sa manière de faire, et cela donne un repas éclectique…

Je pense à ma grand-mère qui a été employée de maison toute sa vie. Avec des conditions bien différentes.
Parce que le statut de « domestic worker » à Singapour mérite à lui seul qu’on s’y arrête quelques minutes. Ce sont majoritairement des immigrés des pays voisins, en tête Malaisie et Philippines. Qui acceptent les conditions ultra-conservatrices de Singapour. Quelques exemples pour se donner une idée : interdiction de tomber enceinte, d’être porteur de maladie transmissible (contrôle grossesse et dépistage VIH tous les 6 mois), ou d’épouser un Singapourien… Sous peine d’être renvoyé fissa dans son pays. Ambiance.
Le dimanche, toutes les nannys se retrouvent ensemble. Pour un pique-nique au Botanic Garden ou une papote devant un des malls dont regorge la ville. Pas Margie, mais ne comptez pas sur moi pour dévoiler ses petits secrets…

De sa vie d’avant, celle d’avant Singapour il y a deux ans (le plus loin où elle soit allée soit dit en passant), elle me raconte Taïwan et la Malaisie, où elle était caissière dans un restaurant, puis masseuse, et bien sûr nanny ! Un bonheur pour les enfants qui l’adorent. Et moi aussi.
Elle me parle de son fils de 3 ans. Il s’appelle Willmark, un joli mélange de William, le nom du papa, et de Margie. Willmark habite avec sa grand-mère et cela fait deux ans que Margie et lui ne se sont pas vus. Alors bien sûr il y a le téléphone, ils savent qu’ils s’attendent l’un l’autre, mais quand même… Elle devrait le voir cet été. On le lui souhaite. Très fort.

 

11 mars, Singapour