La journée qui n’existait pas…

Partir le 22 février de Tahiti pour arriver le 23 février en Nouvelle Zélande, jusque là rien d’anormal.
Sauf que le départ est à 8h, l’arrivée à 13h, et le voyage ne dure que 6 heures. Si l’on compte bien, il manque 23 heures ! Mais où est donc mon 22 février ?
Il est parti dans la ligne de changement de date.
Je n’ai pas pris l’option Phileas Fogg par l’Ouest, je ne gagne donc pas une journée. L’avantage de ne pas faire un tour du Monde en 80 jours, mais en presque 8 mois, c’est de ne pas avoir les yeux rivés sur un calendrier. Comme dirait mon frérot, c’est plutôt un Tour du Monde en 80 potes !

A propos de frérot, il faut croire qu’il y a des dates qui inspirent. En tout cas, celle-là lui permet de m’offrir ce petit cadeau que je ne peux m’empêcher de partager ici, merci Antoine :

Le 22 février 2014...

 

Un journée qui n’existe pas, il n’empêche que c’est curieux. Cela pose la question du temps, de la manière dont il est vu, dont il vécu.

Quand on est petit, l’échelle temps est à la journée. Elle passe à la semaine avec l’entrée à l’école, les mercredis et les week-ends donnant le rythme. Ensuite ce sont les vacances scolaires qui marquent l’horizon temps, puis les trimestres avec leurs objectifs associés. On finit par compter en année. Et même encore plus loin quand les responsabilités, professionnelles ou familiales, obligent à se projeter constamment. Comment profiter de l’instant présent dans ces conditions ? Il faut une sacrée force pour cela.

Pendant ce voyage, mon échelle temps est redescendue à la semaine et même à la journée. Au moment où j’écris cette chronique, je suis dans un avion, je ne sais pas de quoi sera faite ma journée à l’arrivée, la destination dépendra de la météo locale, ni les suivantes qui se feront au fil des rencontres. Impossible donc de compter très loin. Ça tombe bien, j’ai tendance à me planter copieusement dès qu’il y a plusieurs chiffres…
Il n’en reste pas moins l’incroyable énergie que procure le bonheur de goûter chaque instant comme s’il était unique, non une partie mais un tout.

L’avion prend de la hauteur, il m’emmène dans cette voie.
Je repense au temps qui passe et au fait qu’il ne tient qu’à soi de le choisir virtuel ou réel, à tout ce qu’il ouvre comme perspectives, je me dis que j’en suis pile à la moitié de ce grand voyage. Déjà ? Tout ça ?
A la moitié en temps, mais également en distance vu que la Nouvelle Zélande est à l’antipode de mon point de départ. Et pourtant je ne me sens pas à « l’autre bout du monde ». Plus j’avance, plus le monde ouvre ses portes. Pas sûre ni envie de n’en voir jamais le bout, et c’est cela qui est bon.

Mon 22 février c’est un peu tout cela à la fois.
C’est une journée prise dans une ligne de temps, c’est une journée cachée mais présente, c’est une journée dans laquelle j’aurais mis des trésors que je saurai retrouver un jour…

 

 

 

 

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