Detox à Koh Samui

Il est une curieuse sensation que je découvre pendant ce tour du monde : je ne me sens pas en vacances, comme certains me renvoient cette image, mais en voyage. Difficile à expliquer.
Peut-être moins se poser et plus avancer, moins consommer et plus découvrir, moins organiser et plus se laisser porter sans idées préconçues. Vivre de nouvelles expériences. Non pas que ce n’était pas le cas lors des précédents voyages, mais je sens confusément que l’état d’esprit d’un voyageur au long cours est quelque chose à part entière.
Même si l’on avance, il est des moments où le besoin de se poser se fait sentir fortement. Physiquement mais aussi moralement. Ce que je décide de faire sur les îles de Thaïlande. Après Koh Phi Phi qui n’appelle guère au repos, à moins d’être à l’écart dans un resort 5 étoiles, je pars pour Koh Samui, réputée pour ses eaux turquoises, ses plages, sa nature sauvage, tout comme ses infrastructures touristiques adaptées au budget de chacun. Après ces mois chaleureux à tous points de vue, je rêve d’une semaine de récupération repos-yoga-lecture-massage-nourriture savoureuse et saine, bref d’un moment de vacances.

J’avise un établissement quelques jours au préalable, qui s’avère n’avoir de spa ou de resort que le nom. Il s’agit en fait du lieu précurseur des Detox sur Koh Samui. Allons, bon, qu’est-ce que c’est que ce truc bizarre que j’imagine pour Californiennes fan de streching et yogis adeptes de jus de celeri ?
Je voulais tenter des expériences que je n’aurais jamais faites auparavant, je décide donc de me poser là et de voir de quoi il en retourne.

Dommage que la table soit vide...

En fait, une Detox consiste basiquement à ne plus manger pour permettre à son corps d’éliminer toutes les toxines accumulées et d’utiliser l’énergie de la digestion pour se refaire une santé (les adeptes des jeûnes corrigeront pour moi). On faisait bien des diètes régulières à une autre époque, non ?
Assez curieusement, la faim ne pointe pas le bout de son nez. Il faut dire qu’on a le droit à des boissons trompe-la-faim, des soupes, et quelques jus de fruits. Moi qui suis gourmande et avec un sacré coup de fourchette, je ne pensais pas tenir longtemps, mais cela ne pose en fait aucune difficulté. Les journées sont rythmées par les traitements divers, massages et séances de yoga. C’est un bon moment pour prendre du recul sur mon alimentation, même si je ne suis pas prête à renoncer à toutes les saveurs qui font la fête aux papilles et donnent des paillettes dans les yeux. Cela pose aussi d’autres questions, plus profondes et personnelles que je garde pour moi.

Si j’adhère au concept, je suis moins fan de l’établissement… qui périclite, d’ailleurs il est à vendre. L’expérience est sauvée grâce aux quelques habitués qui font preuve d’un soutien sans faille. Ils viennent d’Australie, d’Angleterre, de Nouvelle-Zélande, de Dubaï, et à la question « comment ça va ? » ont l’art de parler de leur ‘production’. J’ai du mal au début, puis je finis par me marrer franchement.
Je profite surtout des moments de calme pour marcher, nager, lire, écrire, aller dans les établissements voisins pour apprécier la vue sur la mer bleue… et repérer ce que je vais savourer à la fin de cette ‘diète des six jours’. Avant de prendre une déflagration culinaire à Hong-Kong où des amis m’attendent de pied ferme.