Clare et Dave, « risquer sa vie et en prendre conscience a posteriori »

Clare Dave Jessie Emma

Clare et Dave incarnent à mes yeux une très belle image de l’âme kiwi : rugby, nature, joie de vivre, accueil, simplicité des relations.

Clare explose de vie et d’énergie, son rire communicatif s’entend de loin, il fait accourir les amis ! Elle est géologue spécialisée dans les problématiques de l’eau. L’environnement est une telle priorité en Nouvelle Zélande que beaucoup des kiwis travaillent dans ce secteur.

Dave est fan inconditionnel de rugby, il y joue et apporte un soutien sans faille aux Chiefs. Attention, on ne rigole pas, et on évite toute blague à propos des All Blacks.
Ah oui, les Chiefs ce sont les joueurs d’Hamilton, la ville où Dave est né, et où il habite de nouveau avec femme et enfants. Il a grandi dans la ferme de ses parents non loin de là, et c’est tout naturellement qu’ils ont dans leur jardin trois moutons, cinq poules, un lapin, et.. deux cochons d’Inde, un pour chacune des jumelles Emma et Jessika. Sans parler du chien bien sûr.

Tous les deux sont fous de nature et plus particulièrement de camping, c’est ainsi que je les avais rencontrés en 2005, grâce à Anne-Gaëlle et Olivier qui m’avaient fait découvrir « the way of living outdoor » à la kiwi : des grands espaces, des tentes immenses, et un confort indéniable. J’ai même vu des copains qui avaient installé un canapé face à la mer sur le terrain de camping ! Une autre manière de profiter pleinement de la nature, si belle ici. Je me souviens de Clare enceinte en train de faire du kayak de mer, une autre passion partagée par toute la famille. Les jumelles ont déjà le leur, c’est pour dire.

Le plus loin où ils sont allés ? Quand on les a donnés pour morts. Rien que ça.
Alors, que bon, ils sont toujours en vie, et plutôt bien !

Clare se souvient de Dave atteint de malaria assortie d’une varicelle au Malawi en 1998. Son cas est jugé désespéré à l’hôpital, d’ailleurs, on ne lui donne aucun traitement. Mais on lui envoie un prêtre pour les derniers sacrements. Ambiance.
C’est finalement un médecin (autrichien ?) de passage qui le sort d’affaire, au sens propre comme au figuré, puisqu’il le fait évacuer de cet hôpital, lui trouve des médicaments et le remet sur pieds. Il s’en est fallu de peu, quand même.
Cette histoire n’est pas celle de Dave, qui était complètement dans les vaps, mais celle de Clare qui crut voir venir les dernières heures de son homme.

Le ton est donné. Et Dave ?
L’histoire se passe en 1997 en Egypte. Au moment où il ne faisait déjà pas bon d’aller s’y balader. Mais nos deux kiwis décident de prendre le risque et de s’y rendre quand même. C’est ainsi qu’ils se retrouvent débarqués de leur mini-van à un poste de police près de Louxor. On leur demande d’attendre un bus touristique qui ne viendra pas. Pour passer le temps, il apprend aux policiers à jouer au rugby, parce que bon, le foot ça va bien cinq minutes… Mais personne n’est dupe, la tension est palpable, la nuit tombe, ils sont au milieu de nulle part. Les policiers ne sachant plus que faire de ces deux touristes et de leur chauffeur donnent finalement l’autorisation de repartir, en conseillant à Clare et Dave de rester couchés à l’arrière pour éviter les fusillades et autres balles perdues. Re ambiance.
Ils atteindront Louxor, en profiteront, et iront même à la soirée de fermeture de l’opéra en plein air. L’histoire aurait pu s’arrêter là, si ce n’est que quelques jours plus tard, ils apprennent le massacre de touristes dans cette région. Une note avait été laissée par les terroristes précisant que l’action était initialement prévue pour le dernier opéra… où Clare et Dave étaient.

Il y a des moments où l’on ne se rend pas compte qu’on est allés très loin. Ou alors a posteriori.