Brittany, « ne pas décrire mais écrire sa vie »

Brittany - aeoport Satniago

Passer une nuit à l’aéroport de Santiago, c’est lutter contre le sommeil. Pour ne pas se faire voler son sac en attendant l’ouverture d’un enregistrement qui tarde à venir. C’est se poser au café Gaysby qui n’a rien de magnifique. Et c’est rencontrer la belle Brittany.

Brittany, la presque trentenaire américaine, est entre deux avions : le sien et celui de son amoureux chilien qu’elle attend avec de belles étoiles dans les yeux.

Nous ne nous connaissons pas, mais la nuit, l’attente, la fatigue, et l’instant sans lendemain conduisent à des paroles vraies, personnelles, belles.

Pour Brittany, répondre à la question du plus loin où elle est allée, c’est citer des moments où elle a repoussé les limites d’elle-même. Comme l’épreuve de natation Alcatraz – San Francisco qu’elle a plusieurs fois concourue. Ne pas penser à la distance qui n’en finit plus, au froid, aux sealions, aux requins… Ne pas penser au danger. Nager, avancer, arriver.
Là, je regarde ses bras et ses épaules, elle me sourit, et me confirme que oui, elle est nageuse à ses heures perdues.

Mais à bien y réfléchir, le plus loin ou elle est allée, elle en train de le découvrir. Elle a quitté son travail (elle travaille dans le secteur environnemental pour l’ONU), l’homme qui autre pu être le mari idéal, sa vie aux USA. Elle a décidé de tenter une nouvelle aventure. Partir. « Je ne veux pas regretter de ne pas avoir pris de risque ». Pas de plan établi. Pour l’instant, elle s’offre des jours de vacances et de découvertes, puis part travailler quelques temps dans un parc national de Patagonie. avant de trouver le lieu où vivre sa belle histoire d’amour avec son chilien.

Elle me parle aussi de son journal qu’elle ne tient plus. Se demande ce que cela signifie. Je me dis qu’à défaut de décrire sa vie, elle a choisi d’écrire sa vie. Une nouvelle page.