Amandine, “sentir sa vie vibrer”

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Si Amandine est officiellement de Colombes, on a du mal à dire qu’elle y habite tant elle parcourt le Monde. Fraîchement trentenaire, elle a déjà découvert un nombre de pays impressionnant, au gré du vent, de ses envies, des quelques euros au fond de ses poches, et des boulots qu’elle a trouvés. Car oui, elle en a des métiers à son actif : équipière pour convoyage de bateau, gouvernante dans un palace parisien, saisonnière en station de ski,  sommelière dans un établissement étoilé, et bientôt instructeur de plongée-sous-marine… Bref, Amandine.

Je l’ai croisée  sur un ponton à minuit, avant que je ne parte le lendemain matin vers Olinda. Elle n’avait pas prévu d’y aller mais avait trois jours libres devant elle. Ni une, ni deux, Amandine avait fait son sac, et c’est ensemble que nous sommes parties découvrir des couleurs de la ville. Quelle belle Olinda ! Le soir, nous profitons du perron d’un des bars de rue pour happer les faibles bribes d’air…

A la question « quel est le plus loin où tu es allée », elle ne parle pas de destinations lointaines, mais d’un hors piste dans les Alpes. « Une idée stupide, avec trois gars rencontrés la veille au soir dans un bar, deux snowbarders comme moi et un skieur. Nous partons au mauvais endroit, c’est-à-dire un hors piste inconnu, au mauvais moment, c’est-à-dire à midi quand les avalanches sont prêtes à débouler. Une idée vraiment stupide. Surtout quand nous nous retrouvons bloqués en haut d’un apique de 7 mètres. Ca discute, ça argumente, les garçons jouent les gros bras et moi je refuse de sauter cette hauteur sans idée de ce qu’il y a en dessous. Le premier tente quand même, tombe, se relève et sourit comme si tout allait bien, malgré ses trois côtes cassées qu’il n’avouera que plus tard. Le second, le skieur, déchausse et trouve une astuce inaccessible aux snowboards. Le troisième, le plus jeune de tous,  est tétanisé et se cache derrière son masque. Hors de question de rester là. Je décide de l’emmener, de nous emmener, loin d’ici. Pusieurs goulets sont explorés avant de trouver une passe.  Cheminement long et compliqué dans des couloirs d’avalanche. J’ai vraiment senti ma vie vibrer à ce moment là, la mienne et celle de ce jeunot dont j’étais devenue responsable ». L’histoire se finit bien, ils se retrouveront tous en bas, mais l’histoire ne dit pas s’ils se sont revus…

 

27 décembre, Olinda, Brésil