Alex et Michelle, « mais tout est loin de la Nouvelle-Zélande ! »

Michelle, Alex... et Evie !

Alex et Michelle pourraient à eux-seuls mériter le prix de l’accueil néo-zélandais. Ils m’ont invitée chez eux à mon arrivée et à mon départ d’Auckland, mais je ne suis pas la seule puisque pas moins de 13 personnes ont dormi dans leur chambre d’amis en deux semaines !

J’avais croisé Alex avec des amis lors d’un voyage en Nouvelle Zélande en 2005, il m’avait fait découvrir lors d’une expédition spéléo les « glow warms », qui ne sont pas les vers luisants de chez nous, mais des petits animaux brillants pas plus gros qu’une tête d’épingle. Je garde encore en mémoire l’impression de galaxie étoilée à des dizaines de mètres sous terre !
Depuis Alex a rencontré la pétillante Michelle aux quatre passeports (Taiwan, Hong-Kong, Australie, et Bien sûr Nouvelle-Zélande). Il y a tout juste un an, la petite Evie a pointé le bout de son nez. Leur maison est un joli bonheur qu’il font partager.

A la question « How far have you ever been? », Michelle éclate de rire et répond : « All. The. Way. ». Je ne résiste pas à citer sa réponse que les anglophones ne manqueront pas d’apprécier… Et moi je me dis que j’aurais mieux fait de tester cette question auprès d’esprits facétieux avant d’en faire le titre de mon blog !

Plus sérieusement, ils me disent qu’il suffit de quitter la Nouvelle Zélande pour aller très loin. Vu que tout est en loin. Ce n’est pas faux.
C’est votre dernier mot guys, je prends ça comme réponse ?

Non, non, ils se mettent à réfléchir, eux qui ont parcouru plus d’une fois le monde. Ils veulent qu’il reste autre chose de notre discussion.

Pour Alex, cela sera une randonnée de sept jours à Steward Island, la toute petite île au Sud de South Island. Une randonnée à quatre amis, pas vraiment préparée, où ils se sont retrouvés avec une nourriture insuffisante, un matériel défectueux (je comprends très bien le problème des chaussures de randonnée dont la semelle se décolle…), et accessoirement sans papier toilette. Nos compères se débrouillent avec ce qu’offre la nature, ils pêchent, mangent les plantes qu’ils trouvent, et tout le monde revient en bonne santé. Alex en garde un souvenir très fort, de nature sauvage, et même… d’expérience fondatrice. Il y eu un avant et un après Steward Island.
Finalement, pas besoin d’aller très loin ?

Michelle, quant à elle, veut choisir un moment où elle est sortie de sa zone de confort, un moment où elle a repoussée les limites physiques et psychiques.
Elle me parle de son trek jusqu’au camp de base de l’Everest. Elle se souvient d’un autre groupe d’alpinistes qui revenait au camp, après que trois des leurs soient morts. Pourquoi personne n’a fait demi-tour alors qu’ils était épuisés et frigorifiés ? Les compagnons de Michelle s’insurgent, cherchent des coupables. Michelle se souvient s’être dit qu’il est impossible de raisonner rationnellement à cette altitude. « Ce n’est que lorsque tu redescends que tu sens ton cerveau fonctionner à nouveau ».
Elle ajoute qu’elle n’est pas encore allée très loin, que le challenge l’attend. Elle ne sait ni où, ni quand. Elle est prête, elle a le temps. Et l’énergie qui va avec sa joie de vivre.

Je ne sais jusqu’où ils iront mais ils sont sur le chemin. Ensemble. A trois pour l’instant…