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	<title>How far have you ever been?</title>
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	<description>Un tour du monde pour (a)grandir. Un tour du monde pour découvrir.  L’autre. Les autres. Un tour du monde pour prendre le temps.  Celui du voyage. Celui des rencontres. Et tout au long du chemin, des visages, des sourires, des histoires.  Des histoires racontées ici avec le même prisme, la même question :  Quel est le plus loin où vous êtes allés ? How far have you ever been?</description>
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		<title>Stockholm, la douce heureuse</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Aug 2015 14:40:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Le voyage continue]]></category>
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		<category><![CDATA[Suède]]></category>
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		<description><![CDATA[Je ne sais pas pourquoi, j’imaginais Stockholm pleine d&#8217;une vive énergie. En été, c’est plutôt la dolce vita. Dans sa traduction littérale. Tant la vie y est douce. Se promener dans la vieille ville, éviter les touristes et s’imaginer dans une ruelle italienne aux couleurs ocres. S’offrir une tartine de &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne sais pas pourquoi, j’imaginais Stockholm pleine d&rsquo;une vive énergie. En été, c’est plutôt la dolce vita. Dans sa traduction littérale. Tant la vie y est douce.</p>
<p>Se promener dans la vieille ville, éviter les touristes et s’imaginer dans une ruelle italienne aux couleurs ocres. S’offrir une tartine de harengs à une terrasse de Sodermalm le néo-quartier bobo, dans une ambiance très écolo-friendly. Regarder le défilé de ferrys, bateaux à moteurs et autres hors bords, entre les rives de la ville, pour déposer qui passagers à une station de métro, qui amis sur une barge aménagée en bar lounge. S’amuser de voir l’héliotropisme des Suédois, prenant leur plein de soleil après deux mois inattendus sous la pluie. Et avant les longues nuits d’hiver.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/rues-bis-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3371" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/rues-bis-1.jpg" alt="Mmmmmhhh...." width="1500" height="714" /></a></p>
<p>Profiter de la nuit et des terrasses (avec un pull quand même) entre deux rues désertées…<br />
Avant de rentrer soit sur un trois mats aménagé en auberge de jeunesse, soit chez des amis face à un lac.<br />
Oui, la vie est douce comme un soir d’été à Stockholm.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/et-tu-dors-ou-ce-soir-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3358" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/et-tu-dors-ou-ce-soir-1.jpg" alt="et tu dors ou ce soir ? (1)" width="1500" height="370" /></a></p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/nuit-carte-postale-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3359" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/nuit-carte-postale-1-1024x248.jpg" alt="nuit carte postale (1)" width="1500" height="363" /></a> D&rsquo;aucuns diront que Stockholm est plutôt douceureuse, voire très tranquille. C&rsquo;est aussi vrai.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/rues-belfast-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3360" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/rues-belfast-1.jpg" alt="rues belfast (1)" width="1500" height="568" /></a><br />
Mais Stockholm ne serait rien sans son archipel où presque tout le monde s’y rend le week-end. Il est apparemment très courant d’y avoir une  « cabine », maison de campagne au bord de l’eau. Avec sauna, c’est mieux. J’ai testé, et c’est tout simplement … bon. Les journées s’écoulent doucement au rythme de la brise. Amis et familles se prélassant sur les pontons, apéros et barbecues, bains de soleil, le tout entre deux plongeons (eau fraîche revigorante garantie !). Quand ce n’est pas prendre le bateau pour aller sur une île avoisinante.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/archipel-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3364" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/archipel-1.jpg" alt="archipel (1)" width="1500" height="1326" /></a></p>
<p>Ce samedi-là, un « swimm-run » est organisé. En bons Suédois sportifs, petits et grands de la famille y sont inscrits : course à pied entrecoupée de natation (dans l’eau toujours aussi fraîche), c’est un genre.<a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/swimm-run-1.jpg"><img class=" wp-image-3362 alignnone" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/swimm-run-1.jpg" alt="swimm run (1)" width="1500" height="339" /></a></p>
<p>Pour ma part, je m’inscris dans la catégorie Supporters, pas mal pour admirer les familles dignes d’un catalogue voyage pour la Suède.<br />
Tiens, à propos, j’ai découvert le catalogue Ikéa en suédois, c’est collector, non ?</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/IMG_0450.jpg"><img class=" size-medium wp-image-3377 aligncenter" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/IMG_0450-276x300.jpg" alt="Ikea" width="276" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Iver, « présenter mon premier film aux Etats-Unis »</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Aug 2015 13:04:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>
		<category><![CDATA[Norvège]]></category>
		<category><![CDATA[On ne perd pas le Nord !]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; [ezcol_1third][/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] Je rencontre Iver dans une cuisine commune d’un hostel, il est presque minuit dans l’archipel des Lofoten, à 150 km au Nord du cercle arctique. Nous sommes dans un regroupement de rorbus, des cabanes de pêcheurs laissées vides l’été et louées aux voyageurs. Autour de nous, fjords, &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>[ezcol_1third]<a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7136.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3354" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7136-300x300.jpg" alt="DSCF7136" width="300" height="300" /></a>[/ezcol_1third]</p>
<p>[ezcol_2third_end]<br />
Je rencontre Iver dans une cuisine commune d’un hostel, il est presque minuit dans l’archipel des Lofoten, à 150 km au Nord du cercle arctique. Nous sommes dans un regroupement de rorbus, des cabanes de pêcheurs laissées vides l’été et louées aux voyageurs. Autour de nous, fjords, montagnes, et des mouettes en guise de bande sonIver vient tout juste d’arriver. J’attends la nuit (elle met du temps à venir !!!), au cas où, par hasard il y aurait une aurore boréale ce soir-là. La probabilité est de 5/9, ça se tente. Mais il ne fera jamais nuit noire, faut pas trop en demander au mois d’août. Pas d’aurore donc, mais une bien sympathique rencontre.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Iver est né à Stokmarknes. Dans les îles Vesterålen. Encore plus au Nord. Là où il y a encore moins de soleil pendant plusieurs mois. De novembre à février, la période la plus noire, on y voit quand même un peu de lumière du jour. « On s’y habitue. Mais comme nous avons plein de soleil en été, ça compense ». S’il le dit…</p>
<p>D’ailleurs Iver habite toujours à Stokmarknes. Et il est bien content. Il m’explique avec un grand sourire qu’il a de la chance, il peut y faire ses études de Média-TV-Cinéma. La plupart des autres étudiants y viennent alors qu’ils habitent à plusieurs centaines de kms dans les îles voisines. C’est peut être naïf, mais je ne me lasse pas de m’étonner de l’étendue des habitations sporadiques en Norvège. La notion de regroupements, villages ou villes n’est pas à l’ordre du jour, même dans des climats ardus.</p>
<p>Avec trois filles de son école ils viennent de décrocher un boulot d’été pour la télévision nationale, plus exactement pour l’émission régionale du Nordland.<br />
Leur projet ? Faire en sorte que les jeunes s’intéressent un peu plus à la politique. Il faut dire qu’avec un taux de vote de 50% chez les moins de 30 ans, il y a du boulot ici aussi. Ils partent ainsi sur les routes du Nord à la rencontre de personnalités politiques, en leur lançant des défis, qui vont de « faire faire du kayak dans de l’eau gelée à un responsable de l’environnement, à la demande d’explication d’un concept bien tordu, sinon c’est le gage ». Quand il m’explique les gages en question, j’émets un léger doute sur l’aspect « interesting and entertaining » de la chose, mais bon, je ne suis pas dans le cœur de cible…</p>
<p>Iver n’est pas dupe, il sait aussi que son sujet a un second objectif, moins officiel : celui de rajeunir l’image de la télévision nationale. Il n’empêche. Il prend son projet politique très à cœur. La petite équipe va aussi essayer de comprendre voire dénoncer, ou en tous cas, mettre au cœur du débat certains sujets locaux controversés. Par exemple, le fait que les Norvégiens limitrophes de la Suède fassent naturellement toutes leurs courses en Suède, où la vie est beaucoup moins chère. Pas bon pour le PIB ça. Mais logique. Le sujet est pourtant sensible. Il faut dire que dans un pays qui s’est historiquement fait envahir plusieurs fois, qui a choisi de rester en dehors de l’Europe, qui aurait 10% d’immigration (il doit suremetn s’agire de l’immigraiton suédoise, car je n’ai vu que des chevelures blondes, pas un seul visage un peu basané), et dont le gouvernement est très à droite-droite (coalition droite – extrême droite), le sujet des frontières prend une certaine importante.</p>
<p>A propos de frontières, comme tous les Norvégiens, Iver voyage beaucoup. A l’étranger bien sûr, question de soleil à nouveau. C’est fou comme la lumière influe sur les habitudes, que cela soit sur le quotidien ou sur les loisirs.<br />
Il me parle d’un voyage Interrail en famille à travers l’Europe. Et il me parle aussi de son « plus loin à lui » : deux voyages qu’il a pu faire grâce à ses projets. Il s’est ainsi rendu à Seattle pour présenter un de ses premiers films lors d’un festival. Pas sure d’avoir compris le sujet de sa fiction, il me parle de « eating diosders ». J’ai compris qu’il s’était démené pour trouver des sponsors et ainsi aller aux USA. Par deux fois. Puisque quelques mois auparavant il était à New-York, également pour un de ses films.<br />
Ses premières impressions américaines ? « Un accès facile aux gens, ils sont tellement chaleureux ! ». C’est sûr qu’entre un Norvégien et un Américain, le premier contact n’est pas vraiment le même !<br />
Il me demande si je suis déjà allée New-York, je lui raconte que ce fut mon premier voyage loin, alors que je ne savais à peine parler anglais, en 1997. Sa réaction est sans appel « En 1997 ? Mais, c’est l’année où je nuis né !!! ». No comment.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Son projet : <a href="http://www.nrk.no/nordland/ivers-angels-1.12000578">http://www.nrk.no/nordland/ivers-angels-1.12000578</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L’archipel des Lofoten : magique, tout simplement magique</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Aug 2015 12:29:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ca y est, j’ai passé le cercle arctique ! Pour y découvrir à 150km au Nord la magie des Lofoten. Un archipel magique. Les reliefs escarpés des montagnes accrochent les yeux à mesure que le ferry approche. Puis ce sont les couleurs qui viennent taper tout au fond des rétines : le &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ca y est, j’ai passé le cercle arctique ! Pour y découvrir à 150km au Nord la magie des Lofoten. Un archipel magique.<br />
Les reliefs escarpés des montagnes accrochent les yeux à mesure que le ferry approche. Puis ce sont les couleurs qui viennent taper tout au fond des rétines : le vert des montagnes (il faut dire qu’il pleut souvent, cela ravive le vert !), le bleu de l’eau (parfois même bleu quasi turquoise de certains littoraux), et bien sûr le rouge des rorbus, ces cabanes de pêcheurs disséminées le long des côtes, et éloignées de tout pour certaines.</p>
<p>Royaume des randonneurs, des contemplatifs, et… des amateurs de morue séchée, voici les Lofoten.<br />
Mais, chut, les images en diront bien plus que les mots.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/IMG_0269.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3336 size-large" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/IMG_0269-1024x286.jpg" alt="IMG_0269" width="700" height="196" /></a></p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/lofoten-1.jpg"><img class=" wp-image-3343 size-large aligncenter" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/lofoten-1-1024x697.jpg" alt="lofoten (1)" width="700" height="476" /></a></p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/IMG_0329.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3337 size-large" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/IMG_0329-1024x287.jpg" alt="IMG_0329" width="700" height="196" /></a></p>
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		<title>Kari, « essayer de s’intégrer en France »</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Aug 2015 12:50:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>
		<category><![CDATA[Norvège]]></category>
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		<description><![CDATA[[ezcol_1third][/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]Kari est une pétillante étudiante de 23 ans à qui rien ne semble impossible. Nous nous rencontrons par ami d’amis, et nous voilà attablées dans un bar bric-à-brac de Bergen avec deux de ses amies. L’une d’elle « chique » du tabac. Enfin, il s’agit plus exactement d’un snus, un petit &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><del></del>[ezcol_1third]<a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7377.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3350" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7377-300x225.jpg" alt="Kari" width="300" height="225" /></a>[/ezcol_1third]</p>
<p>[ezcol_2third_end]Kari est une pétillante étudiante de 23 ans à qui rien ne semble impossible. Nous nous rencontrons par ami d’amis, et nous voilà attablées dans un bar bric-à-brac de Bergen avec deux de ses amies.<br />
L’une d’elle « chique » du tabac. Enfin, il s’agit plus exactement d’un <em>snus</em>, un petit sachet de nicotine qu’elle se glisse entre sa gencive et sa lèvre supérieure. D’accord, j’attribuais la chique aux marins bourrus, j’ai beau comprendre que le snus est répandu en Norvège et en Suède, il n’empêche que cela contrarie mon imaginaire quand je vois la beauté 1920 de cette jeune Norvégienne…<br />
[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Bref, revenons à Kari. Elle est marrante, a le contact facile (qui a dit que les Norvégiens étaient fermés ? Bon, ne nous emballons pas, ils ne sont pas latins quand même…). Donc, notre Kari est née au Nord de la Norvège, à Tromso, une de ces villes où le soleil ne se couche jamais en été (le fameux soleil de minuit !). Bien sûr, il ne vaut mieux ne pas être trop sensible à son absence en hiver.<br />
Mais Kari n’est pas restée en Norvège, loin de là. C’est quelle a crapahuté. Elle a habité au Canada, s’en est allée faire un tour au Vietnam, a été, et est toujours,  volontaire engagée pour différentes ONG en même temps qu’elle continue ses études de géographie. Tout ça à 23 ans.</p>
<p>Je me rends compte que les Norvégiens voyagent plutôt facilement. Sauf dans leur propre pays. A chaque fois que je rencontre quelqu’un du Nord du pays, il ne connaît pas le Sud. Et réciproquement. Quand je demande pourquoi, j’ai le droit à invariablement la même réponse : quitte à prendre l’avion pour 2-3 heures, autant aller plus au Sud en Europe que visiter un autre endroit en Norvège où le climat est… euh… norvégien.<br />
Nuançons tout de même le tableau, puisque  la plupart des Norvégiens ont une « cabine », une maison en bois, isolée en montagne, au bord d’un lac ou d’un fjord, bref, un endroit paisible accessible à quelques heures de voiture de leur maison principale. Mais cela demande un certain niveau de vie. Qui est très élevé en Norvège depuis l’exploitation du pétrole.</p>
<p>Ce qui n’est pas le cas Kari et ses copines qui n’ont pas encore de revenu assuré, elle font donc comme tous les jeunes norvégiens. Colocation. Voyage backpackers dans des pays moins chers. Loisirs gratuits tels que la « plage » (eau à 12 degrés, c’est un choix). Et quand il s’agit de faire la fête : « pre-party » chez les uns ous les autres  avec une quantité d’alcool ingurgitée en un temps record, avant de sortir sans avoir à dépenser des fortunes pour une tournée entre amis. Ce qui donne des scènes le soir d’une sobriété affolante dans les rues, très chic.</p>
<p>Mais ce soir, dans ce café avec ces trois amies norvégiennes, ce n’est pas le cas. Juste un mini verre partagé avant que nos chemins se séparent. Kari part à Oslo en train de nuit, elle ne verra donc rien des célèbres paysages de la ligne Bergen-Oslo qui font accourir les touristes. Et le plus loin où elle est allée ? Elle hésite entre le point le plus au Nord de la Norvège (« parce que cela doit être le plus loin pour beaucoup de monde sur Terre, non ? ») et la France. Pourquoi la France ? « Parce que cela a été le plus dur pour moi. J’étais étudiante à Nantes, et je n’ai jamais réussi à créer des liens avec des Français. J’ai compris plus tard qu’il faut au moins connaître une ou deux personnes pour qu’ensuite les portes s’ouvrent ». Difficile pour quelqu’un qui a pourtant le contact facile.<br />
Je me dis que la réciproque est vraie. La preuve, je n’aurais jamais passée cette soirée sans l’amie (que je ne connais pas) d’un ami (que je connais à peine), s’ils se reconnaissent : merci à eux !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>En Norvège, le choix tu l’as !</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2015 11:05:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Le voyage continue]]></category>
		<category><![CDATA[Norvège]]></category>
		<category><![CDATA[On ne perd pas le Nord !]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[En Norvège, on pourrait croire qu’il y a le choix entre un fjord escarpé ou un autre particulièrement long. Entre une chevelure blonde et une autre carrément platine (d’ailleurs on pourrait titrer ici « cinquante nuances de blond » que ça marcherait très bien). Facile, mais vrai. Il y a aussi des &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En Norvège, on pourrait croire qu’il y a le choix entre un fjord escarpé ou un autre particulièrement long. Entre une chevelure blonde et une autre carrément platine (d’ailleurs on pourrait titrer ici « cinquante nuances de blond » que ça marcherait très bien). Facile, mais vrai.<br />
Il y a aussi des choix plus étonnants.</p>
<p>Par exemple, la météo. Eh oui, vous avez le choix. Entre le site « yr.no » (ce qui signifie « bruine ») et « storm.no » (l’orage donc), l’un est plus ou moins étatique et l’autre privé voire « <em>sponsorisé </em>» (sic). Comme les prévisions ne sont absolument pas les mêmes, le site « pent.no » (ce qui signifie dire « beau », beaucoup plus optimiste) fait un comparatif. Jugez plutôt :</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/meteo.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3318" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/meteo-300x253.jpg" alt="meteo" width="320" height="270" /></a> A propos d’eau, je me dis aussi que la Norvège a le choix entre ses ressources naturelles. Bien sûr, le pétrole exploité depuis les années 60 fait de la Norvège un des pays les plus riches du monde (et les plus chers, soit dit en passant). Mais quand on voit toute l’eau douce qu’il sera possible d’exploiter, quand la guerre de l’eau battra son plein.<br />
S’il y a un économiste, géopolitique ou géologue pour m’éclairer sur le sujet, je suis preneuse&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF6857.jpg"><img class="alignnone wp-image-3306" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF6857-300x225.jpg" alt="DSCF6857" width="320" height="240" /></a></p>
<p>Et d&rsquo;ailleurs, votre maison en bois, vous la préférez comment ? Nature ? Colorée ? A poils ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/maisons-norvegiennes-1.jpg"><img class="alignnone wp-image-3341" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/maisons-norvegiennes-1-300x160.jpg" alt="maisons norvegiennes (1)" width="320" height="171" /></a></p>
<p>Autre choix intéressant pour un français en Norvège : le fromage. C’est simple il y a le choix entre deux fromages locaux (au sens <em>fabrication norvégienne</em>) : l’un est plutôt jaune et l’autre franchement marron (conditionnement dans une boite digne d’un tampon encreur, ça fait rêver). Guess what, le premier s’appelle « yellow cheese » et l’autre « brown cheese ». Entre les deux, mon cœur balance. Et mon estomac vacille.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7186.jpg"><img class="aligncenter wp-image-3311" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7186-300x185.jpg" alt="DSCF7186" width="320" height="198" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et puis, il serait dommage de parler de choix norvégien sans mentionner celui qui fera hésiter tout randonneur quant à son itinéraire. S’il n’a pas peur de relever le défi du vide au dessus des fjords. Pour ma part, je n’ai pas choisi entre le Preikestolen et le Kjeragbolten, j’ai bravé mon vertige par deux fois. Si, si, la preuve :</p>
<p>[ezcol_1half]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/DSCF7165.jpg"><img class="alignnone wp-image-3320" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/08/DSCF7165-768x1024.jpg" alt="DSCF7165" width="320" height="427" /></a></p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7165.jpg"><br />
</a>[/ezcol_1half]</p>
<p>[ezcol_1half_end]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7121.jpg"><img class="alignnone wp-image-3309" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7121-589x1024.jpg" alt="DSCF7121" width="320" height="557" /></a><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7121.jpg"><br />
</a>[/ezcol_1half_end]</p>
<p style="text-align: center;">Bref, comme dirait un ami, en Norvège le choix, tu l&rsquo;as!</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7089.jpg"><img class=" size-medium wp-image-3308 aligncenter" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7089-300x300.jpg" alt="Version 2" width="300" height="300" /></a></p>
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		<title>Les 80 ans d’Irène</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Aug 2015 06:37:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Le voyage continue]]></category>
		<category><![CDATA[Norvège]]></category>
		<category><![CDATA[On ne perd pas le Nord !]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Un voyage en Scandinavie ? Quelle idée m’a-t-on demandé ! J’avais envie et besoin de retrouver les sensations d’un voyage au long cours, de reprendre le chemin fait de points d’interrogation, de découvertes, de rencontres, et… de temps qui ne se compte pas. Une occasion s’est présentée : fêter les 80 ans d’Irène &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un voyage en Scandinavie ? Quelle idée m’a-t-on demandé !</p>
<p>J’avais envie et besoin de retrouver les sensations d’un voyage au long cours, de reprendre le chemin fait de points d’interrogation, de découvertes, de rencontres, et… de temps qui ne se compte pas.</p>
<p>Une occasion s’est présentée : fêter les 80 ans d’Irène VIII, le magnifique voilier classique d’un ami. Irène est habituellement marseillaise, sortant ses 16 mètres de long à chaque régate méditerranéenne. Mais voilà, Irène est née en 1935 en Norvège. Alors pour son anniversaire, elle est partie jusque dans ses eaux natales (en camion car elle n’aurait pu supporter le voyage maritime!) pour la saison estivale de régates locales.</p>
<p>J’ai eu la chance d’être équipière lors du Risør Trebåtfestival. Ce fut magique. J’en ai fait un film, c’est <a title="Irène part en Norvège. Et moi aussi." href="https://www.youtube.com/watch?v=pj9seGH0Vuw&amp;feature=youtu.be" target="_blank">ici</a>.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=pj9seGH0Vuw&amp;feature=youtu.be" target="_blank"><img class="aligncenter wp-image-3301 size-large" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSC_3940-1024x683.jpg" alt="Irène" width="700" height="467" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>222 jours plus tard</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Aug 2014 20:16:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Où en est-elle ?]]></category>

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		<description><![CDATA[222 jours, si si, pour de vrai. Pour être exacte, j’aurai voyagé 223 jours dixit le calendrier, mais 222 à l’arrivée puisque  24 heures sont passées à la trappe de l’espace temps au beau milieu du Pacifique pour cause de ligne de changement de date. 17. C’est le nombre de &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">222 jours, si si, pour de vrai.<br />
Pour être exacte, j’aurai voyagé 223 jours dixit le calendrier, mais 222 à l’arrivée puisque  24 heures sont passées à la trappe de l’espace temps au beau milieu du Pacifique pour cause de ligne de changement de date.</p>
<p>17. C’est le nombre de kilos  de mon sac à dos en arrivant à Paris. Soit 5 de plus par rapport au départ. Qui compensent presque les 8 que mon corps a égarés je ne sais trop où en Asie.</p>
<p>La troisième chose que je me suis amusée à compter, ce n’est pas le nombre de pays traversés ou de personnes rencontrées sur la route, non, cela n’a pas de sens. Ce sont les nuitées. Pas loin de 222 d’accord, jusque-là tout va bien. Mais ce qui m’impressionne c’est que je les ai passées à peine pour la moitié dans des hôtels ou assimilés : j’ai passé quasiment 20% de mon temps sur un bateau (ça c’est normal, ça se saurait si l’Atlantique se traversait rapidement) et… 30% chez des gens qui m’ont invitée chez eux ! Des amis certes, des amis d’amis d’amis aussi, mais surtout  des gens que je ne connaissais pas la veille. Je ne l’ai pas spécifiquement recherché, cela s’est fait en toute simplicité, dans un immense élan d’accueil et une générosité incroyable. Et parfois aussi avec une certaine déception partagée de ne pas avoir pu accepter toutes les invitations qui m’ont été faites. Au-delà des chiffres, c’est cette beauté de la relation à l’autre que je retiens.</p>
<p>À propos de chiffres, je ne me lasse pas d’apprécier le rapport au temps qui est bien différent. Pendant ce voyage, mon échelle de temps est passée petit à petit du mois à la semaine, puis de la semaine à 2-3 jours.<br />
Quand on est enfant, l’horizon de temps est à la journée. Il passe à la semaine avec l’école, les mercredis et les week-ends donnant le rythme. Ensuite ce sont les vacances scolaires et les fameux bulletins trimestriels qui donnent le tempo. Puis l’on finit par compter en années. Et encore plus loin quand les responsabilités obligent à se projeter constamment.<br />
Après ce voyage où j’ai retrouvé la joie et la liberté folle de vivre pleinement le temps présent, je me dis peut-être naïvement qu’il ne tient qu’à moi de ne pas laisser s’élargir cette échelle raccourcie.</p>
<p>Mais les chiffres ne sont rien à côté des mots.<br />
Pendant ce voyage, j’ai découvert le bonheur de l&rsquo;écriture : jouer avec les mots, les faire vibrer et se répondre, susciter une émotion au détour d&rsquo;une phrase, et&#8230; rechercher les moments de solitude pour me délecter de ce plaisir nouveau.<br />
Écrire m’a permis de prendre du recul et de porter un autre regard sur ce que je vivais. J’ai aimé regarder, marcher, rêver&#8230; tout en cherchant les mots qui parleraient le mieux de l&rsquo;émotion ressentie. Et puis, quelle joie de partager ces rencontres du bout du monde grâce aux chroniques publiées !<br />
J’ai écrit dans des avions surchargés ou dans des bus bringuebalants, dans des beaux hôtels aux lobbys d’un autre temps ou sur une toile cirée collante d’un petit bouge, sur un rondin en bord de mer, dans la chaleur des plaines asiatiques ou dans le froid des montagnes enneigées, qu’importe, les mots m’ont à chaque fois emmenée loin, très loin.<br />
Et aujourd&rsquo;hui, je compte bien continuer d&rsquo;explorer cette voie-là.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/ecriture2.jpg"><img class="size-full wp-image-3165 aligncenter" alt="Où ça écrit..." src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/ecriture2.jpg" width="2917" height="1831" /></a><br />
Evidemment l’écriture n’est pas la seule découverte. Il en est de fort personnelles, dont j&rsquo;évoquerai certaines d’entre elles ici : une nouvelle forme de relation aux autres et de la rencontre, l’instant présent vécu pleinement, une liberté incroyable au service de l’écoute de mes propres aspirations, le bonheur et le pouvoir de la solitude, l’apprentissage du risque qui n’est pas là où je l’attends, une curiosité exacerbée et l’acceptation des surprises bonnes ou mauvaises, ou encore la prise de conscience pleine de tendresse de mes propres limites.<br />
J’étais partie avec une question en poche « Quel est le plus loin où vous êtes allés ? », je reviens avec bien plus de questions et tout autant de réponses aux interrogations que je ne m’étais pas formulées. Je retiens cela de la force du voyage en solitaire.</p>
<p>D’ailleurs, soyons honnête, si j’ai voyagé seule, je ne l’ai pas été.<br />
Que de rencontres, des petites ou des grandes, mais toujours belles et riches ! Je me souviens d&rsquo;avoir été obligée de me cacher pour dîner seule, tellement j&rsquo;avais besoin de digérer non pas le repas mais les émotions de la journée, tant il y avait eu de moments forts.<br />
Le partage grâce aux chroniques du blog m&rsquo;a donné une force que je n&rsquo;imaginais pas. Impossible de se sentir seule quand je me sens portée par tous ceux qui me suivent !<br />
Il faut aussi noter que les moyens de connexion, parfois dans des endroits surprenants, ont permis quelques rendez-vous en visio, qui, de par leur caractère exceptionnel et de courte durée, étaient pleins de joie et de densité à la fois. Ce n&rsquo;était pas un échange de nouvelles du quotidien, c&rsquo;était un moment de partage, de qualité, un moment suspendu.</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/10/Mur-de-skype2.jpg"><img class="size-full wp-image-3200 aligncenter" alt="Mur de skype" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/10/Mur-de-skype2.jpg" width="2984" height="1382" /></a></p>
<p>Enfin, les mails prennent une toute autre saveur. Ce n&rsquo;est plus le flux incessant et excitant que je connaissais. Chaque message devient une lettre qui aurait mis du temps à arriver, je prends le temps de la savourer et d&rsquo;y répondre. Comme une relation épistolaire d&rsquo;un autre temps, pourtant pas si loin.</p>
<p>Je ne me suis jamais sentie seule, même si je l&rsquo;ai été.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/IMG_6464.jpg"><img class=" wp-image-3162 aligncenter" alt="Never alone" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/IMG_6464.jpg" width="262" height="170" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Je tourne les pages de mon carnet de voyages, je relis les notes des portraits que je n’ai pas publiés, les adresses griffonnées sur un coin de page, au milieu de dessins au trait mal assuré, et les phrases écrites sur une seule page pour ne pas les oublier. J’ai envie d’en partager quelques-unes ici, elles disent beaucoup pour moi de ces rencontres du bout du monde :</p>
<p>« L’humanité est fondamentalement bonne », je me souviens d’avoir écrit ces mots alors que la générosité de l’accueil polynésien était à son comble. Puis trois petits mots ont été ajoutés quelques mois plus tard, pour donner : « L’humanité est à la base fondamentalement bonne ». C’est ce qu’on en a fait qui fait que nous en sommes là aujourd’hui, quel que soit notre « là » à nous. Comment ne pas perdre cette simplicité et cette douceur des rapports humains qui sont rendus possibles par un tel voyage ? Quel est mon seuil de tolérance pour ce « là », comment j’y contribue malgré moi ? Qu’est ce que je suis prête à faire pour que cela change ?</p>
<p>« On ne sait pas la puissance de ce que l’on donne ». Je l’ai expérimenté, dans ce que beaucoup m’ont apporté peut-être sans le savoir, et réciproquement, dans les retours que d’autres m’ont faits et qui m’ont étonnée. Quelle force et quelle joie peuvent être ainsi données !</p>
<p>« J’ai le cœur qui se dilate ». Cette sensation m’a habitée au fur et à mesure des jours de voyage. Comme une impression persistante d’être entourée de bienveillance, voire d’une certaine forme d’amour.</p>
<p>Mon carnet est truffé de réflexions au milieu de bonnes adresses. Je ne voudrais pas donner l’impression de philosophie de comptoir au bar du rendez-vous des voyageurs. Mais oui, partir et rencontrer l’autre font réfléchir et chamboulent, pour quiconque est prêt à prendre ce risque-là.<br />
Cela fait quelque temps que je suis arrivée en France. Je n’ai pas envie de dire « rentrer en France ». Je préfère « arriver », pas une arrivée finale, mais l’arrivée à une étape. Ce tour du monde n’est pas fini, j’ai envie de croire qu’il ne tient qu’à moi de le vivre d’une autre manière. Cette manière-là est en train de se dessiner, doucement, subrepticement, mais chut… Le fil est ténu et solide à la fois, je vais voir où il m’emmène. Comme ces rencontres avec ces gens croisés sur le chemin qui m’ont invitée et embarquée là où je ne pensais pas aller, je les ai suivis et ce fut étonnant.</p>
<p>(à suivre) donc.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/10/a-suivre.jpg"><img class=" wp-image-3153 aligncenter" alt="à suivre" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/10/a-suivre.jpg" width="426" height="319" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Paris time</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jul 2014 15:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Où en est-elle ?]]></category>

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		<description><![CDATA[L’avion se pose. Roissy. Au moment où je prends ce long couloir qui amène vers la sortie, je ne peux y croire. C’est vraiment vrai ? Tout ce que j’ai vécu a vraiment existé ? Cette aventure-là a donc une fin ? J’avais beau le savoir, je ne peux m’y résoudre. Les amis &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’avion se pose. Roissy. Au moment où je prends ce long couloir qui amène vers la sortie, je ne peux y croire. C’est vraiment vrai ? Tout ce que j’ai vécu a vraiment existé ? Cette aventure-là a donc une fin ? J’avais beau le savoir, je ne peux m’y résoudre.<br />
Les amis et la famille qui sont venus me chercher pour prendre avec moi ce dernier vol respectent en silence mes larmes que mes lunettes de soleil ne cachent plus vraiment.<br />
Des larmes d’émotions mêlées.<br />
Puis, c’est le portillon, la dernière porte. Que nous passons tous ensemble. Et là, c’est le sourire, celui d’une immense joie sincère, celui d’une force nouvelle, celui d’une envie de partager toute la beauté rencontrée pendant ce tour du monde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/DSC_0826-Version-2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3158" alt="Où ça arrive pour de vrai..." src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/DSC_0826-Version-2.jpg" width="4288" height="1698" /></a></p>
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		<title>Noah, «  je n&#8217;ai pas de limite, pas de frontière »</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jun 2014 17:12:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Israël et les territoires palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>
		<category><![CDATA[Morceaux choisis]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] &#160; Noah se prononce un peu comme Nour, la lumière. Une lumière en Palestine. Car Noah est Palestinien, il est né à Zacharie, a vécu 17 années en camp de réfugiés sous tente, puis 15 en prison. La liberté à tout prix a un prix. Surtout si &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]<a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/08/DSCF4051.jpg"><img class="size-full wp-image-3049 aligncenter" alt="Noah" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/08/DSCF4051.jpg" width="2816" height="2112" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Noah se prononce un peu comme Nour, la lumière.<br />
Une lumière en Palestine.</p>
<p>Car Noah est Palestinien, il est né à Zacharie, a vécu 17 années en camp de réfugiés sous tente, puis 15 en prison. La liberté à tout prix a un prix. Surtout si elle est aux dépens de celle des autres.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<div>
<p>« Maintenant j’ai une maison et une famille. » Noah habite à Bethléem, avec sa femme et une de ses filles. L’autre est aux États-Unis. Le fils, lui,  est en Italie. Seule sa femme, de 17 ans sa cadette, n’a pas le Sésame administratif pour sortir du territoire. Aucun des enfants ne veut revenir en Palestine. « Tu sais, mon fils fait comme moi, il étudie comme moi la résolution de conflits. »</p>
<p>Car Noah est « Peace Facilitator » ou « Peace Mediator », activiste pour la paix comme il le dit aussi.<br />
Par exemple ?<br />
« J’ai travaillé avec des journalistes palestiniens et israéliens sur le traitement de l’information. Nous étions deux facilitateurs, un homologue israélien était avec moi. La question était « Vous vous dites tous neutres et professionnels. Pourquoi un même fait donne-t-il deux versions complètement différentes ? » ».<br />
Mais il ne traite pas que le conflit israélo-palestinien. Il a travaillé en Irak. Également, avec les différents chefs religieux de la zone, toutes religions confondues, et là il y a de quoi faire. Son introduction du débat vaut des points : « Vous êtes tous envoyés par Dieu pour la paix sur Terre. Cela fait 2000 ans que vous essayez. Force est de constater que vous avez échoué jusqu&rsquo;à présent. » Le ton est donné.</p>
<p>Mais avant tout, Noah est pour moi celui qui m’accueille dans sa famille pour une journée à Bethléem.<br />
Il veut me montrer ce que vivre en territoires occupés veut dire. « Je n&rsquo;ai pas choisi ma couleur, je n&rsquo;ai pas choisi d&rsquo;être Palestinien, je n&rsquo;ai pas choisi d’être occupé. »</p>
<p>Il me parle de la guerre de l’eau. Depuis que le mur enceint les sources, les Palestiniens sont dépendants des livraisons d’eau israélienne.<br />
Il me parle de l’impossibilité de développement des territoires occupés : pas de terres cultivables, pas d’industries. Deux options : travailler pour l’administration palestinienne (dépendant en grande partie de l’aide internationale) ou travailler en Israël (et se prendre les 2 fois 2 à 3 heures quotidiennes de passage du check point).<br />
Il me parle des mosquées fermées dans les zones contrôlées par les Israéliens. Dont celles de la Vieille Ville, comme j’ai pu le voir le vendredi.</p>
<p>Il cite à tour de bras Voltaire, Rousseau, Camus, Sartre, Beauvoir, Hegel, Dostoïevski. Il a eu le temps de les lire en prison. Cela fait presque 30 ans maintenant qu’il est sorti, mais ses lectures l’ont marqué. À moins que cela ne soit l’idée d’y avoir accédé, j’hésite. Évidemment, il n’est pas prêt d’oublier « Sartre et sa grande soif de liberté ».<br />
Il enchaîne ensuite sur la France : « Ces gens m&rsquo;ont fait rêver en prison. Qu’est devenu le Pays des droits de l&rsquo;Homme ? Je ne le comprends pas aujourd’hui ».</p>
<p>Et d’embrayer sur un cours d’histoire raccourci de la création d’Israël. L’Europe en prend un coup, logique. Pourtant, il attend beaucoup de la capacité de pression économique européenne comme une clef possible.<br />
On ne s’arrête pas à Israël. Il part ensuite sur un cours d&rsquo;Histoire moderne et politique de l&rsquo;Afghanistan.<br />
J’écoute, j’apprends, j’essaye de faire le tri. Il y a des pays où, à l’heure du café, on ne parle pas des dents du petit dernier…</p>
<p>Quand au détour de la conversation je lui demande quel est le plus loin où il est allé, il me regarde droit dans les yeux et me dit : « Le plus loin ? Je n&rsquo;ai pas de limite. Pas de frontière. »<br />
Il y a des réponses qui n’appellent pas de commentaire de peur d’en diminuer la force.</p>
<p>En partant, sa femme remet son foulard pour la photo. Ce qui énerve Nour qui ne croit plus en Dieu. « Qui est Dieu, s’il existe pour laisser faire cette situation ? »<br />
Sa femme me donne de l’huile qu’elle a produite avec les olives du jardin. Un goût fort et dense. Comme cette journée avec eux.</p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<title>Alexis, « tout donner à Dieu »</title>
		<link>https://www.howfarhaveyoueverbeen.com/alexis-tout-donner-a-dieu/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jun 2014 15:59:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Israël et les territoires palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] Pour moi, Jérusalem n’est pas un lieu qui se « visite ». J’ai envie de me plonger dans cette ville par trois fois sainte, de suivre les chemins que d’autres ont empruntés, de me laisser emporter par ce que je saurai y trouver. Avant d’arriver ici, je suis entrée &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/DSCF3785.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3127" alt="Père Alexis" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/DSCF3785.jpg" width="2816" height="2112" /></a></p>
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<p>Pour moi, Jérusalem n’est pas un lieu qui se « visite ». J’ai envie de me plonger dans cette ville par trois fois sainte, de suivre les chemins que d’autres ont empruntés, de me laisser emporter par ce que je saurai y trouver.</p>
<p>Avant d’arriver ici, je suis entrée en contact avec les religieuses d’une communauté chrétienne, elles me proposent de les rencontrer dès mon arrivée. Ce que je fais.</p>
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<p>Je sonne à l’impressionnante porte en bois d’un  bâtiment  chargé d’histoire. Quand la porte s’ouvre, je m’attends à saluer une sœur d’un certain âge, le teint un brin gris et pourquoi pas avec de la moustache qui pique tant qu’on est dans le cliché. Perdu ! Sœur Lysane est devant moi, fraîche avec ses 30 printemps pimpants, je me croirais dans un film de Pedro Almodovar.  Elle me demande tout de go si je veux assister aux vêpres. Euh, oui, bon, pourquoi pas. Je la suis dans les couloirs en pierre. Jusque dans une église construite là où fut jadis le Palais de Ponce Pilate, le long de la Via Dolorosa. Le cadre est posé.<br />
En sortant, les religieuses m’invitent à partager le dîner avec leur petite communauté. C’est un moment délicieux, plein de délicatesse et d’attentions aux autres.<br />
A la fin du repas, arrive un grand gars bronzé, le cheveu mi-long, le genre de celui qui cherche sa planche de surf. Il salue tout le monde avec un accent qui sent bon le soleil, et les convives lui répondent en chœur « Bonsoir Père Alexis ! ». Je n’y crois pas. C’est le prêtre ? Après Sœur Lysane, c’est donc au tour du Père Alexis. J’adore !</p>
<p>C’est ainsi que je fais connaissance d’Alexis, prêtre toulonnais venu de l’île Maurice et de passage à Jérusalem, facile pour s’y retrouver.<br />
Il me présente le Jérusalem d’il y a 2000 ans et celui d’aujourd’hui, celui où il est venu passer une année sabbatique. Ah bon, un prêtre peut prendre un congé sabbatique ? Mais ça se passe comment ? On arrête d’être payé si tant est qu’on le soit ? Et puis d’abord pourquoi donc ?<br />
C’est amusant de parler de nos choix de vies, de nos moments de césure respectifs et des voyages que nous vivons. Il se prête, sans mauvais jeux de mots, facilement et gentiment au jeu des questions réponses, même quand j’amalgame malgré moi mission de prêtre et travail salarié.<br />
Au cours de nos discussions, ce que je trouve particulièrement passionnant c’est le chemin qui amène un homme à décider un jour d’être prêtre et de « tout donner à Dieu », puisque c’est son plus loin à lui, sans hésiter.</p>
<p>Il me raconte son enfance à Maurice, la famille aux immenses ramifications, les levers de soleil seul sur la plage, une adolescence pas vraiment calme, les 400 coups avec les copains, et puis un crash de moto. Ce type d’accident grave qui vous laisse dans une chambre seul et longtemps, qui vous fait réfléchir, qui vous pose la question du sens de sa vie, celui qui fait dire il y a eu un Avant et un Après.<br />
Son adolescence prend alors un autre virage. Il me parle de rencontres inattendues et de « témoignages bouleversants ». Cette amie qui revient de Calcutta après s’être engagée chez les Sœurs de Mère Teresa, « elle était rayonnante ». Ce prêtre qui s’occupe d’handicapés à Madagascar. Ou encore celui « qui mettait le bazar » par ses interpellations et ses questions.<br />
Petit à petit, Alexis entend et comprend ses aspirations profondes : il veut aider les autres, les plus démunis, les oubliés de la société. Dès qu’il le peut, il s’investit, se donne. Auprès de mourants, de sans abris, de prisonniers. Il est heureux.<br />
Et il a beaucoup à apporter ! « J’avais la conviction profonde que ma vie était de servir, que le bonheur et la joie véritables se trouvaient dans le fait de donner plutôt que de recevoir. »</p>
<p>Un peu plus tard, il part quelques semaines à Calcutta. Un autre Avant-Après. Un voyage longuement préparé, avec des amis qui comme lui se mettent au service des autres entre l’école, les devoirs, et la prière. Car la prière tient une place de plus en plus prépondérante.<br />
Dieu est présent dans sa vie, mais pas au point d’être prêtre. Comme il le disait, ou plutôt le priait : « Seigneur, je veux bien être fou, mais pas prêtre. » Pourtant la question peut-être posée, le jour de sa naissance, une grand-tante fort éloignée avait écrit ce mot : « Un enfant vient de naître, il s’appelle Alexis. Il sera prêtre un jour. » On a beau être à Maurice, faire que la religion tienne une place très importante dans sa vie, quand même… prêtre, pas question !</p>
<p>Il continue dans sa vie mauricienne entre école et services. Une bourse d’étude, si dure à décrocher, et le voilà à Paris pour des études en Actions Sociales. Le choc. La ville. Les règles incomprises. L’agressivité. Les railleries antireligieuses et anticléricales. Les gestes d’aide mal interprétés. Il essaye de trouver une voie, mais plus il se bat, ou plutôt se débat, plus il sombre.<br />
Dans cette pesante noirceur, une occasion se présente, il ne le sait pas, mais ce sera une belle lumière. Il part plusieurs mois à Medjugorje en Bosnie dans une association humanitaire, lieu où serait apparu Sainte Marie. Tout prend sens. Avec bonheur. C’est la guerre, mais son cœur est à la joie. Car en plus de son rôle humanitaire, il se passe « une véritable rencontre intérieure avec la Vierge Marie », il exulte. Il est là, pleinement.<br />
À nouveau un autre Avant-Après. Très fort. A tel point qu’il parle d’un « passage foudroyant » en Bosnie. Ses proches viennent le rencontrer, certains restent. Il veut témoigner. « C’était une évidence que tout ce que j’avais reçu ne devait pas être gardé pour moi seul, ne devait pas rester cacher. » Il se sent « appelé ». En l’écoutant, je vois ses yeux qui rayonnent, je ne doute pas de cet « appel », même si cela me semble fort étrange, ou plutôt étranger.</p>
<p>La vie à Paris puis de nouveau à Maurice est alors tout autre. Il veut avancer dans cette foi et ce don de soi.  Il parle souvent de « donner au point de s’oublier, de ne plus s’appartenir ». Une mission à Madagascar auprès d’handicapés vécue comme un temps de discernement, et là,  l’évidence : il sera prêtre.<br />
C’est sûr, en l’écoutant, je me dis qu’il avait déjà décidé cette voie depuis un bout de temps. Et non, c’est après coup que tout se relie et se relit ainsi.<br />
Je pense à un S.J. bien connu qui disait “you can&rsquo;t connect the dots looking forward. You can only connect them looking backwards. So you have to trust that the dots will somehow connect in your future.”</p>
<p>Pour revenir à Alexis, j’aurais cru qu’il était facile ensuite de rentrer au séminaire. Que nenni. Les portes ne s’ouvrent pas facilement, du moins à Maurice. Il lui faut prendre son mal en patience, alors en attendant qu’il puisse suivre le chemin qu’il souhaite, il envisage de fonder avec des amis une communauté de prière et de services.  « Dieu, qui se sert de tout, écrit droit avec des courbes. » Cette ligne-là l’emmène à nouveau en France de manière inattendue pour quelques jours, mais une porte s’y ouvre, et il pousse celle … du séminaire.</p>
<p>Six ans plus tard, il est prêtre à Toulon. C’était en 2004.<br />
Depuis l’an dernier, il a pris un temps pour lui, en Terre Sainte, celui de la réflexion et du re-questionnement. Sa foi et ses convictions s’en trouvent renforcées. Il partage, son histoire, ses émotions qu&rsquo;il ne cache pas, les larmes de joie sont souvent là. Je ne sais plus à propos de quoi, il glisse un « j’ai le cœur qui se dilate. » On n’en doute pas un seul instant.</p>
<p>Dans une semaine, nos voyages respectifs prendront fin. Je vais vers Paris. Il est attendu dans le Var. Au bord de la mer. J’espère que les vagues de l’océan Indien arriveront à se frayer un passage à Gibraltar pour lui apporter de l’île Maurice toutes les saveurs qui l’ont amené jusque là.</p>
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