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	<title>How far have you ever been? &#187; Jusqu&rsquo;où sont-ils allés ?</title>
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	<description>Un tour du monde pour (a)grandir. Un tour du monde pour découvrir.  L’autre. Les autres. Un tour du monde pour prendre le temps.  Celui du voyage. Celui des rencontres. Et tout au long du chemin, des visages, des sourires, des histoires.  Des histoires racontées ici avec le même prisme, la même question :  Quel est le plus loin où vous êtes allés ? How far have you ever been?</description>
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		<title>Iver, « présenter mon premier film aux Etats-Unis »</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Aug 2015 13:04:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; [ezcol_1third][/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] Je rencontre Iver dans une cuisine commune d’un hostel, il est presque minuit dans l’archipel des Lofoten, à 150 km au Nord du cercle arctique. Nous sommes dans un regroupement de rorbus, des cabanes de pêcheurs laissées vides l’été et louées aux voyageurs. Autour de nous, fjords, &#8230;]]></description>
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<p>[ezcol_1third]<a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7136.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3354" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7136-300x300.jpg" alt="DSCF7136" width="300" height="300" /></a>[/ezcol_1third]</p>
<p>[ezcol_2third_end]<br />
Je rencontre Iver dans une cuisine commune d’un hostel, il est presque minuit dans l’archipel des Lofoten, à 150 km au Nord du cercle arctique. Nous sommes dans un regroupement de rorbus, des cabanes de pêcheurs laissées vides l’été et louées aux voyageurs. Autour de nous, fjords, montagnes, et des mouettes en guise de bande sonIver vient tout juste d’arriver. J’attends la nuit (elle met du temps à venir !!!), au cas où, par hasard il y aurait une aurore boréale ce soir-là. La probabilité est de 5/9, ça se tente. Mais il ne fera jamais nuit noire, faut pas trop en demander au mois d’août. Pas d’aurore donc, mais une bien sympathique rencontre.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Iver est né à Stokmarknes. Dans les îles Vesterålen. Encore plus au Nord. Là où il y a encore moins de soleil pendant plusieurs mois. De novembre à février, la période la plus noire, on y voit quand même un peu de lumière du jour. « On s’y habitue. Mais comme nous avons plein de soleil en été, ça compense ». S’il le dit…</p>
<p>D’ailleurs Iver habite toujours à Stokmarknes. Et il est bien content. Il m’explique avec un grand sourire qu’il a de la chance, il peut y faire ses études de Média-TV-Cinéma. La plupart des autres étudiants y viennent alors qu’ils habitent à plusieurs centaines de kms dans les îles voisines. C’est peut être naïf, mais je ne me lasse pas de m’étonner de l’étendue des habitations sporadiques en Norvège. La notion de regroupements, villages ou villes n’est pas à l’ordre du jour, même dans des climats ardus.</p>
<p>Avec trois filles de son école ils viennent de décrocher un boulot d’été pour la télévision nationale, plus exactement pour l’émission régionale du Nordland.<br />
Leur projet ? Faire en sorte que les jeunes s’intéressent un peu plus à la politique. Il faut dire qu’avec un taux de vote de 50% chez les moins de 30 ans, il y a du boulot ici aussi. Ils partent ainsi sur les routes du Nord à la rencontre de personnalités politiques, en leur lançant des défis, qui vont de « faire faire du kayak dans de l’eau gelée à un responsable de l’environnement, à la demande d’explication d’un concept bien tordu, sinon c’est le gage ». Quand il m’explique les gages en question, j’émets un léger doute sur l’aspect « interesting and entertaining » de la chose, mais bon, je ne suis pas dans le cœur de cible…</p>
<p>Iver n’est pas dupe, il sait aussi que son sujet a un second objectif, moins officiel : celui de rajeunir l’image de la télévision nationale. Il n’empêche. Il prend son projet politique très à cœur. La petite équipe va aussi essayer de comprendre voire dénoncer, ou en tous cas, mettre au cœur du débat certains sujets locaux controversés. Par exemple, le fait que les Norvégiens limitrophes de la Suède fassent naturellement toutes leurs courses en Suède, où la vie est beaucoup moins chère. Pas bon pour le PIB ça. Mais logique. Le sujet est pourtant sensible. Il faut dire que dans un pays qui s’est historiquement fait envahir plusieurs fois, qui a choisi de rester en dehors de l’Europe, qui aurait 10% d’immigration (il doit suremetn s’agire de l’immigraiton suédoise, car je n’ai vu que des chevelures blondes, pas un seul visage un peu basané), et dont le gouvernement est très à droite-droite (coalition droite – extrême droite), le sujet des frontières prend une certaine importante.</p>
<p>A propos de frontières, comme tous les Norvégiens, Iver voyage beaucoup. A l’étranger bien sûr, question de soleil à nouveau. C’est fou comme la lumière influe sur les habitudes, que cela soit sur le quotidien ou sur les loisirs.<br />
Il me parle d’un voyage Interrail en famille à travers l’Europe. Et il me parle aussi de son « plus loin à lui » : deux voyages qu’il a pu faire grâce à ses projets. Il s’est ainsi rendu à Seattle pour présenter un de ses premiers films lors d’un festival. Pas sure d’avoir compris le sujet de sa fiction, il me parle de « eating diosders ». J’ai compris qu’il s’était démené pour trouver des sponsors et ainsi aller aux USA. Par deux fois. Puisque quelques mois auparavant il était à New-York, également pour un de ses films.<br />
Ses premières impressions américaines ? « Un accès facile aux gens, ils sont tellement chaleureux ! ». C’est sûr qu’entre un Norvégien et un Américain, le premier contact n’est pas vraiment le même !<br />
Il me demande si je suis déjà allée New-York, je lui raconte que ce fut mon premier voyage loin, alors que je ne savais à peine parler anglais, en 1997. Sa réaction est sans appel « En 1997 ? Mais, c’est l’année où je nuis né !!! ». No comment.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Son projet : <a href="http://www.nrk.no/nordland/ivers-angels-1.12000578">http://www.nrk.no/nordland/ivers-angels-1.12000578</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Kari, « essayer de s’intégrer en France »</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Aug 2015 12:50:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>
		<category><![CDATA[Norvège]]></category>
		<category><![CDATA[On ne perd pas le Nord !]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third][/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]Kari est une pétillante étudiante de 23 ans à qui rien ne semble impossible. Nous nous rencontrons par ami d’amis, et nous voilà attablées dans un bar bric-à-brac de Bergen avec deux de ses amies. L’une d’elle « chique » du tabac. Enfin, il s’agit plus exactement d’un snus, un petit &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><del></del>[ezcol_1third]<a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7377.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-3350" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2015/09/DSCF7377-300x225.jpg" alt="Kari" width="300" height="225" /></a>[/ezcol_1third]</p>
<p>[ezcol_2third_end]Kari est une pétillante étudiante de 23 ans à qui rien ne semble impossible. Nous nous rencontrons par ami d’amis, et nous voilà attablées dans un bar bric-à-brac de Bergen avec deux de ses amies.<br />
L’une d’elle « chique » du tabac. Enfin, il s’agit plus exactement d’un <em>snus</em>, un petit sachet de nicotine qu’elle se glisse entre sa gencive et sa lèvre supérieure. D’accord, j’attribuais la chique aux marins bourrus, j’ai beau comprendre que le snus est répandu en Norvège et en Suède, il n’empêche que cela contrarie mon imaginaire quand je vois la beauté 1920 de cette jeune Norvégienne…<br />
[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Bref, revenons à Kari. Elle est marrante, a le contact facile (qui a dit que les Norvégiens étaient fermés ? Bon, ne nous emballons pas, ils ne sont pas latins quand même…). Donc, notre Kari est née au Nord de la Norvège, à Tromso, une de ces villes où le soleil ne se couche jamais en été (le fameux soleil de minuit !). Bien sûr, il ne vaut mieux ne pas être trop sensible à son absence en hiver.<br />
Mais Kari n’est pas restée en Norvège, loin de là. C’est quelle a crapahuté. Elle a habité au Canada, s’en est allée faire un tour au Vietnam, a été, et est toujours,  volontaire engagée pour différentes ONG en même temps qu’elle continue ses études de géographie. Tout ça à 23 ans.</p>
<p>Je me rends compte que les Norvégiens voyagent plutôt facilement. Sauf dans leur propre pays. A chaque fois que je rencontre quelqu’un du Nord du pays, il ne connaît pas le Sud. Et réciproquement. Quand je demande pourquoi, j’ai le droit à invariablement la même réponse : quitte à prendre l’avion pour 2-3 heures, autant aller plus au Sud en Europe que visiter un autre endroit en Norvège où le climat est… euh… norvégien.<br />
Nuançons tout de même le tableau, puisque  la plupart des Norvégiens ont une « cabine », une maison en bois, isolée en montagne, au bord d’un lac ou d’un fjord, bref, un endroit paisible accessible à quelques heures de voiture de leur maison principale. Mais cela demande un certain niveau de vie. Qui est très élevé en Norvège depuis l’exploitation du pétrole.</p>
<p>Ce qui n’est pas le cas Kari et ses copines qui n’ont pas encore de revenu assuré, elle font donc comme tous les jeunes norvégiens. Colocation. Voyage backpackers dans des pays moins chers. Loisirs gratuits tels que la « plage » (eau à 12 degrés, c’est un choix). Et quand il s’agit de faire la fête : « pre-party » chez les uns ous les autres  avec une quantité d’alcool ingurgitée en un temps record, avant de sortir sans avoir à dépenser des fortunes pour une tournée entre amis. Ce qui donne des scènes le soir d’une sobriété affolante dans les rues, très chic.</p>
<p>Mais ce soir, dans ce café avec ces trois amies norvégiennes, ce n’est pas le cas. Juste un mini verre partagé avant que nos chemins se séparent. Kari part à Oslo en train de nuit, elle ne verra donc rien des célèbres paysages de la ligne Bergen-Oslo qui font accourir les touristes. Et le plus loin où elle est allée ? Elle hésite entre le point le plus au Nord de la Norvège (« parce que cela doit être le plus loin pour beaucoup de monde sur Terre, non ? ») et la France. Pourquoi la France ? « Parce que cela a été le plus dur pour moi. J’étais étudiante à Nantes, et je n’ai jamais réussi à créer des liens avec des Français. J’ai compris plus tard qu’il faut au moins connaître une ou deux personnes pour qu’ensuite les portes s’ouvrent ». Difficile pour quelqu’un qui a pourtant le contact facile.<br />
Je me dis que la réciproque est vraie. La preuve, je n’aurais jamais passée cette soirée sans l’amie (que je ne connais pas) d’un ami (que je connais à peine), s’ils se reconnaissent : merci à eux !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Noah, «  je n&#8217;ai pas de limite, pas de frontière »</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jun 2014 17:12:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Israël et les territoires palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>
		<category><![CDATA[Morceaux choisis]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] &#160; Noah se prononce un peu comme Nour, la lumière. Une lumière en Palestine. Car Noah est Palestinien, il est né à Zacharie, a vécu 17 années en camp de réfugiés sous tente, puis 15 en prison. La liberté à tout prix a un prix. Surtout si &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]<a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/08/DSCF4051.jpg"><img class="size-full wp-image-3049 aligncenter" alt="Noah" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/08/DSCF4051.jpg" width="2816" height="2112" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Noah se prononce un peu comme Nour, la lumière.<br />
Une lumière en Palestine.</p>
<p>Car Noah est Palestinien, il est né à Zacharie, a vécu 17 années en camp de réfugiés sous tente, puis 15 en prison. La liberté à tout prix a un prix. Surtout si elle est aux dépens de celle des autres.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<div>
<p>« Maintenant j’ai une maison et une famille. » Noah habite à Bethléem, avec sa femme et une de ses filles. L’autre est aux États-Unis. Le fils, lui,  est en Italie. Seule sa femme, de 17 ans sa cadette, n’a pas le Sésame administratif pour sortir du territoire. Aucun des enfants ne veut revenir en Palestine. « Tu sais, mon fils fait comme moi, il étudie comme moi la résolution de conflits. »</p>
<p>Car Noah est « Peace Facilitator » ou « Peace Mediator », activiste pour la paix comme il le dit aussi.<br />
Par exemple ?<br />
« J’ai travaillé avec des journalistes palestiniens et israéliens sur le traitement de l’information. Nous étions deux facilitateurs, un homologue israélien était avec moi. La question était « Vous vous dites tous neutres et professionnels. Pourquoi un même fait donne-t-il deux versions complètement différentes ? » ».<br />
Mais il ne traite pas que le conflit israélo-palestinien. Il a travaillé en Irak. Également, avec les différents chefs religieux de la zone, toutes religions confondues, et là il y a de quoi faire. Son introduction du débat vaut des points : « Vous êtes tous envoyés par Dieu pour la paix sur Terre. Cela fait 2000 ans que vous essayez. Force est de constater que vous avez échoué jusqu&rsquo;à présent. » Le ton est donné.</p>
<p>Mais avant tout, Noah est pour moi celui qui m’accueille dans sa famille pour une journée à Bethléem.<br />
Il veut me montrer ce que vivre en territoires occupés veut dire. « Je n&rsquo;ai pas choisi ma couleur, je n&rsquo;ai pas choisi d&rsquo;être Palestinien, je n&rsquo;ai pas choisi d’être occupé. »</p>
<p>Il me parle de la guerre de l’eau. Depuis que le mur enceint les sources, les Palestiniens sont dépendants des livraisons d’eau israélienne.<br />
Il me parle de l’impossibilité de développement des territoires occupés : pas de terres cultivables, pas d’industries. Deux options : travailler pour l’administration palestinienne (dépendant en grande partie de l’aide internationale) ou travailler en Israël (et se prendre les 2 fois 2 à 3 heures quotidiennes de passage du check point).<br />
Il me parle des mosquées fermées dans les zones contrôlées par les Israéliens. Dont celles de la Vieille Ville, comme j’ai pu le voir le vendredi.</p>
<p>Il cite à tour de bras Voltaire, Rousseau, Camus, Sartre, Beauvoir, Hegel, Dostoïevski. Il a eu le temps de les lire en prison. Cela fait presque 30 ans maintenant qu’il est sorti, mais ses lectures l’ont marqué. À moins que cela ne soit l’idée d’y avoir accédé, j’hésite. Évidemment, il n’est pas prêt d’oublier « Sartre et sa grande soif de liberté ».<br />
Il enchaîne ensuite sur la France : « Ces gens m&rsquo;ont fait rêver en prison. Qu’est devenu le Pays des droits de l&rsquo;Homme ? Je ne le comprends pas aujourd’hui ».</p>
<p>Et d’embrayer sur un cours d’histoire raccourci de la création d’Israël. L’Europe en prend un coup, logique. Pourtant, il attend beaucoup de la capacité de pression économique européenne comme une clef possible.<br />
On ne s’arrête pas à Israël. Il part ensuite sur un cours d&rsquo;Histoire moderne et politique de l&rsquo;Afghanistan.<br />
J’écoute, j’apprends, j’essaye de faire le tri. Il y a des pays où, à l’heure du café, on ne parle pas des dents du petit dernier…</p>
<p>Quand au détour de la conversation je lui demande quel est le plus loin où il est allé, il me regarde droit dans les yeux et me dit : « Le plus loin ? Je n&rsquo;ai pas de limite. Pas de frontière. »<br />
Il y a des réponses qui n’appellent pas de commentaire de peur d’en diminuer la force.</p>
<p>En partant, sa femme remet son foulard pour la photo. Ce qui énerve Nour qui ne croit plus en Dieu. « Qui est Dieu, s’il existe pour laisser faire cette situation ? »<br />
Sa femme me donne de l’huile qu’elle a produite avec les olives du jardin. Un goût fort et dense. Comme cette journée avec eux.</p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<title>Alexis, « tout donner à Dieu »</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jun 2014 15:59:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Israël et les territoires palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] Pour moi, Jérusalem n’est pas un lieu qui se « visite ». J’ai envie de me plonger dans cette ville par trois fois sainte, de suivre les chemins que d’autres ont empruntés, de me laisser emporter par ce que je saurai y trouver. Avant d’arriver ici, je suis entrée &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/DSCF3785.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-3127" alt="Père Alexis" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/09/DSCF3785.jpg" width="2816" height="2112" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]</p>
<p>Pour moi, Jérusalem n’est pas un lieu qui se « visite ». J’ai envie de me plonger dans cette ville par trois fois sainte, de suivre les chemins que d’autres ont empruntés, de me laisser emporter par ce que je saurai y trouver.</p>
<p>Avant d’arriver ici, je suis entrée en contact avec les religieuses d’une communauté chrétienne, elles me proposent de les rencontrer dès mon arrivée. Ce que je fais.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Je sonne à l’impressionnante porte en bois d’un  bâtiment  chargé d’histoire. Quand la porte s’ouvre, je m’attends à saluer une sœur d’un certain âge, le teint un brin gris et pourquoi pas avec de la moustache qui pique tant qu’on est dans le cliché. Perdu ! Sœur Lysane est devant moi, fraîche avec ses 30 printemps pimpants, je me croirais dans un film de Pedro Almodovar.  Elle me demande tout de go si je veux assister aux vêpres. Euh, oui, bon, pourquoi pas. Je la suis dans les couloirs en pierre. Jusque dans une église construite là où fut jadis le Palais de Ponce Pilate, le long de la Via Dolorosa. Le cadre est posé.<br />
En sortant, les religieuses m’invitent à partager le dîner avec leur petite communauté. C’est un moment délicieux, plein de délicatesse et d’attentions aux autres.<br />
A la fin du repas, arrive un grand gars bronzé, le cheveu mi-long, le genre de celui qui cherche sa planche de surf. Il salue tout le monde avec un accent qui sent bon le soleil, et les convives lui répondent en chœur « Bonsoir Père Alexis ! ». Je n’y crois pas. C’est le prêtre ? Après Sœur Lysane, c’est donc au tour du Père Alexis. J’adore !</p>
<p>C’est ainsi que je fais connaissance d’Alexis, prêtre toulonnais venu de l’île Maurice et de passage à Jérusalem, facile pour s’y retrouver.<br />
Il me présente le Jérusalem d’il y a 2000 ans et celui d’aujourd’hui, celui où il est venu passer une année sabbatique. Ah bon, un prêtre peut prendre un congé sabbatique ? Mais ça se passe comment ? On arrête d’être payé si tant est qu’on le soit ? Et puis d’abord pourquoi donc ?<br />
C’est amusant de parler de nos choix de vies, de nos moments de césure respectifs et des voyages que nous vivons. Il se prête, sans mauvais jeux de mots, facilement et gentiment au jeu des questions réponses, même quand j’amalgame malgré moi mission de prêtre et travail salarié.<br />
Au cours de nos discussions, ce que je trouve particulièrement passionnant c’est le chemin qui amène un homme à décider un jour d’être prêtre et de « tout donner à Dieu », puisque c’est son plus loin à lui, sans hésiter.</p>
<p>Il me raconte son enfance à Maurice, la famille aux immenses ramifications, les levers de soleil seul sur la plage, une adolescence pas vraiment calme, les 400 coups avec les copains, et puis un crash de moto. Ce type d’accident grave qui vous laisse dans une chambre seul et longtemps, qui vous fait réfléchir, qui vous pose la question du sens de sa vie, celui qui fait dire il y a eu un Avant et un Après.<br />
Son adolescence prend alors un autre virage. Il me parle de rencontres inattendues et de « témoignages bouleversants ». Cette amie qui revient de Calcutta après s’être engagée chez les Sœurs de Mère Teresa, « elle était rayonnante ». Ce prêtre qui s’occupe d’handicapés à Madagascar. Ou encore celui « qui mettait le bazar » par ses interpellations et ses questions.<br />
Petit à petit, Alexis entend et comprend ses aspirations profondes : il veut aider les autres, les plus démunis, les oubliés de la société. Dès qu’il le peut, il s’investit, se donne. Auprès de mourants, de sans abris, de prisonniers. Il est heureux.<br />
Et il a beaucoup à apporter ! « J’avais la conviction profonde que ma vie était de servir, que le bonheur et la joie véritables se trouvaient dans le fait de donner plutôt que de recevoir. »</p>
<p>Un peu plus tard, il part quelques semaines à Calcutta. Un autre Avant-Après. Un voyage longuement préparé, avec des amis qui comme lui se mettent au service des autres entre l’école, les devoirs, et la prière. Car la prière tient une place de plus en plus prépondérante.<br />
Dieu est présent dans sa vie, mais pas au point d’être prêtre. Comme il le disait, ou plutôt le priait : « Seigneur, je veux bien être fou, mais pas prêtre. » Pourtant la question peut-être posée, le jour de sa naissance, une grand-tante fort éloignée avait écrit ce mot : « Un enfant vient de naître, il s’appelle Alexis. Il sera prêtre un jour. » On a beau être à Maurice, faire que la religion tienne une place très importante dans sa vie, quand même… prêtre, pas question !</p>
<p>Il continue dans sa vie mauricienne entre école et services. Une bourse d’étude, si dure à décrocher, et le voilà à Paris pour des études en Actions Sociales. Le choc. La ville. Les règles incomprises. L’agressivité. Les railleries antireligieuses et anticléricales. Les gestes d’aide mal interprétés. Il essaye de trouver une voie, mais plus il se bat, ou plutôt se débat, plus il sombre.<br />
Dans cette pesante noirceur, une occasion se présente, il ne le sait pas, mais ce sera une belle lumière. Il part plusieurs mois à Medjugorje en Bosnie dans une association humanitaire, lieu où serait apparu Sainte Marie. Tout prend sens. Avec bonheur. C’est la guerre, mais son cœur est à la joie. Car en plus de son rôle humanitaire, il se passe « une véritable rencontre intérieure avec la Vierge Marie », il exulte. Il est là, pleinement.<br />
À nouveau un autre Avant-Après. Très fort. A tel point qu’il parle d’un « passage foudroyant » en Bosnie. Ses proches viennent le rencontrer, certains restent. Il veut témoigner. « C’était une évidence que tout ce que j’avais reçu ne devait pas être gardé pour moi seul, ne devait pas rester cacher. » Il se sent « appelé ». En l’écoutant, je vois ses yeux qui rayonnent, je ne doute pas de cet « appel », même si cela me semble fort étrange, ou plutôt étranger.</p>
<p>La vie à Paris puis de nouveau à Maurice est alors tout autre. Il veut avancer dans cette foi et ce don de soi.  Il parle souvent de « donner au point de s’oublier, de ne plus s’appartenir ». Une mission à Madagascar auprès d’handicapés vécue comme un temps de discernement, et là,  l’évidence : il sera prêtre.<br />
C’est sûr, en l’écoutant, je me dis qu’il avait déjà décidé cette voie depuis un bout de temps. Et non, c’est après coup que tout se relie et se relit ainsi.<br />
Je pense à un S.J. bien connu qui disait “you can&rsquo;t connect the dots looking forward. You can only connect them looking backwards. So you have to trust that the dots will somehow connect in your future.”</p>
<p>Pour revenir à Alexis, j’aurais cru qu’il était facile ensuite de rentrer au séminaire. Que nenni. Les portes ne s’ouvrent pas facilement, du moins à Maurice. Il lui faut prendre son mal en patience, alors en attendant qu’il puisse suivre le chemin qu’il souhaite, il envisage de fonder avec des amis une communauté de prière et de services.  « Dieu, qui se sert de tout, écrit droit avec des courbes. » Cette ligne-là l’emmène à nouveau en France de manière inattendue pour quelques jours, mais une porte s’y ouvre, et il pousse celle … du séminaire.</p>
<p>Six ans plus tard, il est prêtre à Toulon. C’était en 2004.<br />
Depuis l’an dernier, il a pris un temps pour lui, en Terre Sainte, celui de la réflexion et du re-questionnement. Sa foi et ses convictions s’en trouvent renforcées. Il partage, son histoire, ses émotions qu&rsquo;il ne cache pas, les larmes de joie sont souvent là. Je ne sais plus à propos de quoi, il glisse un « j’ai le cœur qui se dilate. » On n’en doute pas un seul instant.</p>
<p>Dans une semaine, nos voyages respectifs prendront fin. Je vais vers Paris. Il est attendu dans le Var. Au bord de la mer. J’espère que les vagues de l’océan Indien arriveront à se frayer un passage à Gibraltar pour lui apporter de l’île Maurice toutes les saveurs qui l’ont amené jusque là.</p>
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		<title>Cédric, «  chaque étape m’emmène un peu plus loin »</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jun 2014 08:28:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Jordanie]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] &#160; Cédric n’est pas que l’ami catalan rencontré sur les terrains de rugby. Le temps de ce périple jordanien, il est l’homme d’un autre terrain. Celui des ONG. En Afrique et au Moyen-Orient. Et c’est en régional de l’étape qu’il me fait découvrir « sa » Jordanie, ses amis &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/07/DSCF3395.jpg"><img class="size-full wp-image-2995 aligncenter" alt="Cédric" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/07/DSCF3395.jpg" width="2321" height="1598" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]</p>
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<p>Cédric n’est pas que l’ami catalan rencontré sur les terrains de rugby. Le temps de ce périple jordanien, il est l’homme d’un autre terrain. Celui des ONG. En Afrique et au Moyen-Orient.<br />
Et c’est en régional de l’étape qu’il me fait découvrir « sa » Jordanie, ses amis irakiens et ses ex-collègues passionnés et passionnants.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Au moment où j’écris ces lignes, le mot « terrain » résonne joliment pour parler de Cédric. Car son histoire parle de « terroirs », ceux de Catalogne et d’Aveyron d’où est originaire sa famille. Car la question de la « terre » et des racines prend tout un sens pour lui qui dit ne pas se sentir attaché, ou plutôt retenu, quelque part. Car cela évoque la simplicité et la générosité des rapports humains si bien portées et apportées par ces gens… de terrain justement.</p>
<p>Le terrain ? Il a commencé à le fouler en France, en tant qu’éducateur de rue. « Les banlieues ne sont pas toutes les mêmes, à chacune sa spécifité. » Il ne dit pas « à chacune ses problèmes », mais à chacune sa « spécifité ». Cela dit beaucoup sur le regard qu’il porte sur les quartiers dont il s’est occupé pendant 10 ans.</p>
<p>Puis la rue prend d’autres saveurs quand il s’occupe des programmes pour les enfants des rues de Bagdad. Il voulait depuis longtemps partir à l’étranger. « Le plus dur, c’est de partir », oh oui, je ne peux qu’abonder dans ce sens. Il met du temps à trouver ce premier poste, qui l’emmènera plus loin et plus longtemps qu’il ne le pensait. Nous sommes en 2004, et au bout de 10 mois en Irak, il est évacué avec son équipe à Amman pour éviter les kidnappings. Sa mission évolue, il travaille à la coordination des ONG sur place. Cela sera une aventure forte de plus de 4 ans, entre Jordanie et Irak, avec des rencontres qui ne s’oublient pas. « La première mission tient certes toujours une place particulière. Pour moi, c’est presque la moitié de ma vie humanitaire là-bas. Mais c’est surtout l’expérience d’une immense générosité et d’un accueil fantastique. »<br />
Et je veux bien le croire quand je vois la joie de son ami irakien Khalil qu’il retrouve après toutes ses années. Lui aussi a dû quitter l’Irak sous les menaces, il continue d’y travailler depuis la Jordanie. Ensemble, nous parlons de la guerre et de la vie qui continue malgré tout. Tous les deux parlent aussi de leurs souvenirs, et c’est amusant de les écouter raconter leurs aventures qui passent a posteriori pour un film américain à coup de courses poursuites dans les embouteillages de Bagdad, de fêtes joyeuses (dans les limites du couvre-feu tout de même) quand le besoin d’exutoire est plus fort que la peur.<br />
D’ailleurs, Cédric me dit que le plus grand danger est de l&rsquo;oublier. C’est curieux à entendre, mais je comprends. Dans un pays en guerre, il y a certes des explosions, mais pas que. Il y a aussi le calme. Et la vie. Le danger fait partie de cette vie-là, à tel point qu’il peut se faire oublier.<br />
Quand je lui demande quels ont été ses plus grands moments d&rsquo;appréhension, il me parle des départs. « À chaque fois que l’avion décolle vers l&rsquo;Irak, toutes les questions et les peurs reviennent. Mais une fois sur le terrain, tu oublies tout ça. Puis l&rsquo;adrénaline prend le dessus, tu en deviens même accroc. »</p>
<p>Mais avant tout, ce qui le fait vibrer, c’est d’appréhender des situations complexes, d’en être au cœur. Il se délecte de toutes les informations qu’il peut saisir pour comprendre les enjeux et les positions de chacun. Bon, pour la restitution synthétique pour béotien, on repassera.</p>
<p>Mais les situations épineuses, il en a vu d’autres depuis l’Irak.<br />
Au Tchad, dans des camps de réfugiés soudanais, en Haïti après le tremblement de terre, en Somalie, en Afghanistan, au Myanmar. Ou au Congo où il est actuellement Coordinateur Urgence.</p>
<p>Mais il ne faut pas croire qu’être sur le terrain signifie être au grand air avec des rencontres de chaque instant. Cédric me parle des longs moments où il est seul. Ou pire, enfermé sur zone avec d&rsquo;autres homologues. Comme en Afghanistan, quand ils étaient une équipe de 15 personnes à vivre 24h/24 ensemble entre un hôpital et leur hébergement. Nerveusement usant.<br />
Aux situations complexes qu’il affectionne, s’ajoutent les difficultés intra organisations humanitaires. Je le perçois quand il me parle de la complexité des relations due aux différences culturelles au sein d&rsquo;une ONG japonaise, ou la perception des Nations Unies par les ONG.</p>
<p>Cédric a travaillé sur quatre continents -il ne manque que l&rsquo;Océanie-, il continue d’avancer, de saisir les opportunités, chaque étape l’emmenant un peu plus loin. C’est pour cela qu’il n’a pas vraiment « un plus loin », lui qui est en route.</p>
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		<title>Padam, &#171;&#160;marcher haut et loin sur les chemins népalais&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jun 2014 20:18:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>
		<category><![CDATA[Népal]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] Faire un trek au Népal ne se fait pas sans guide népalais ni porteur, sinon ça ne serait pas le mythe du trek au Népal. Pour ma part, cela sera du 2 en 1, avec Padam qui assure les deux rôles. Pour des questions de météo, nous &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/Padam.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2816" alt="Padam" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/Padam.jpg" width="1523" height="1407" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]<br />
Faire un trek au Népal ne se fait pas sans guide népalais ni porteur, sinon ça ne serait pas le mythe du trek au Népal. Pour ma part, cela sera du 2 en 1, avec Padam qui assure les deux rôles.</p>
<p>Pour des questions de météo, nous partons pour un petit trek de 5-6 jours qui sera réduit à 4 vu la vitesse de marche et les raccourcis les jours de pluie. 4 jours, cela laisse le temps de se connaître, d’échanger malgré la barrière de la langue (ah, la prononciation népalaise de l’anglais, un poème !).[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Tout le monde l’appelle Padam, mais son véritable nom est Padam Bahadur Gurung.<br />
Gurung, c’est l’une des 125 ethnies du Népal (ce qui donne 123 langues dans ce pays tout de même !), la sienne donc.<br />
Bahadur signifie « fort », et cela se conçoit aisément quand on le voit porter mon ‘léger sac à dos de fille’ (chercher l’erreur).<br />
Padam, euh… ça veut dire Padam, quoi. Quand je lui fais écouter la chanson éponyme d’Edith Piaf (mais oui, au beau milieu du Népal, parfaitement, j’ai ça en stock !), il pique un fard, est tout fier, veut comprendre les paroles, essaye de chantonner le refrain, bref c’est l’éclate.</p>
<p>C’est au cours d’un des repas partagés ensemble, lui devant son éternel Dal Bat (riz, lentilles, galettes, pommes de terres et/ou légumes épicés : tous les jours, midi et soir, comme la plupart des Népalais) et moi devant les fameux Momos (petits chaussons fourrés, se rapprochant vaguement des bouchées à la vapeur chinoises), qu’il me raconte d’où il vient.</p>
<p>Il est né il y a 26 ans dans le district de Dhading près de Katmandou, au milieu d’une fratrie de 3 frères et 3 sœurs. Il me parle de ses parents aujourd&rsquo;hui agés de 65 et 70 ans à qui il veut apporter son soutien continuellement, c&rsquo;est important pour lui. Soutien matériel avec les travaux de la maison par exemple ou économique avec ses propres revenus.<br />
Cela fait maintenant six ans qu’il est guide sur les treks népalais, après avoir été porteur pendant deux ans.</p>
<p>En parallèle, il étudie en BBS (Bachelor in Business Studies), un cursus de trois ans qui en prend le double&#8230; puisque les examens de fin d’année ont lieu en septembre, et les résultats sont donnés en août. Oui, oui, onze mois plus tard. Entretemps, forcément, on fait autre chose. Il me montre le questionnaire de son dernier examen, plié en huit et conservé précieusement dans la poche de son blouson. Amusant, c’est en anglais (je me dis qu’il doit donc être bien meilleur à l’écrit qu’à l’oral, et avoir un vocabulaire développé business plutôt que vie au quotidien). Les questions portent sur les appels de marge d’une place boursière. Évidemment, l’exemple est donné avec la Banque Nationale Népalaise et la monnaie est la roupie népalaise, ça change.<br />
Je lui demande s’il veut changer de voie ensuite, vu son cursus scolaire actuel. « No, I study just to improve my qualification, I want to stay a guide. » Il se demande même s’il ne va pas monter un jour sa propre compagnie avec son frère aîné, guide lui aussi.</p>
<p>C’est d’ailleurs ce métier qui l’a amené à voyager, sans cela il n’aurait jamais eu cette occasion. Uniquement au Népal qu’il n’a jamais quitté. C’est qu’il est allé loin en distance et… en hauteur.<br />
Il me montre sur une carte où il est allé le plus loin : Dolpan disctrict près du lac Shey Phoksundo, au nord-ouest du pays, quand il était assistant guide. Et le plus haut ? Quand il a emmené par deux fois des clients faire le tour du massif des Dhaulagiris (une série de sommets entre 7000 et 8000 mètres) : ce trek a beau être au pied de ces massifs, il fait tout de même passer par des points à 6000 mètres. On ne joue pas dans la même cour.</p>
<p>Quand je lui explique que j’aimerais écrire son histoire, comme je l’ai fait pour d’autres personnes rencontrées sur la route, je lui demande s’il souhaite partager quelque chose en particulier. Oui, apparemment oui. Cela met du temps, il cherche ses idées, puis ses mots. Il finit par me dire : « My father was 50 when my younger brother was born.&nbsp;&raquo; C’était il y a 20 ans donc, sa mère avait 45 ans. J’essaye de saisir pourquoi cela est si important pour lui. Apparemment, il est extrêmement rare d’avoir des enfants au Népal passé 35 ans. Je comprends donc que la famille a souffert du regard des autres sur le sujet. Je comprends aussi, et surtout, que je ne comprends pas tout.<br />
Et cela me fascine d’entrevoir des mondes qui sont si différents, pourtant réels et présents.</p>
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		<title>Jaswant, “conduire jusqu’à Bombay et Hampi”</title>
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		<pubDate>Tue, 27 May 2014 05:23:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] Jaswant, c’est l’histoire d’un aller-retour à Agra pour aller découvrir le Taj Mahal. Mais quel voyage ! Ça rigole, et pas qu’un peu. Je n’ai pas vraiment l’impression de faire du co-voiturage, mais plutôt d’avoir rencontré l’ami d’un ami bien rigolo. Il sourit tout le temps, un vrai &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/Jaswant.jpg"><img class="size-full wp-image-2818 alignnone" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/Jaswant.jpg" alt="Jaswant" width="2816" height="2112" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]</p>
<p>Jaswant, c’est l’histoire d’un aller-retour à Agra pour aller découvrir le Taj Mahal.<br />
Mais quel voyage ! Ça rigole, et pas qu’un peu. Je n’ai pas vraiment l’impression de faire du co-voiturage, mais plutôt d’avoir rencontré l’ami d’un ami bien rigolo.</p>
<p>Il sourit tout le temps, un vrai sourire franc et massif. Quand il n’éclate pas de rire à tout bout de champ. Et dès qu’il peut, il glisse des blagues, qu’au début j’ai prises pour une mauvaise traduction en anglais. Il faut dire que lorsqu’il me sort &laquo;&nbsp;today is very cold&nbsp;&raquo;, vu les 49°C d’Agra, j’ai un peu de mal à comprendre. Mettons cela sur le compte de l’accent hindi à couper au couteau…</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Et quand il ne rit pas, il agite la tête tout le temps de droite à gauche, à l’indienne, c&rsquo;est-à-dire avec le mouvement partant du menton, attention. J’avais oublié ce mouvement continu pour faire savoir à son interlocuteur qu’il est écouté, pour dire ok-ok, pour dire je ne sais trop quoi. Tous ceux qui sont allés en Inde ne peuvent avoir oublié ce délicieux et surprenant geste, celui qui, passé l’étonnement donne une irrépressible envie de rire. Un peu de tenue, enfin…</p>
<p>Jaswant a le même âge que moi, à trois semaines près. Il n’en revient pas. Pourtant cela doit arriver à d’autres gens aussi d’avoir bientôt 40 ans, non ? Il s’est marié il y a quelques années, et ça, c’est vraiment fort tard en Inde. Apparemment il a refusé plusieurs propositions de ses parents, mais il n’a pas l’air de s’en émouvoir. Sa femme de 26 ans vient de lui offrir son plus beau cadeau : une petite Ridina, de 2 mois maintenant. Il faut voir les étoiles dans les yeux et son sourire littéralement jusqu’aux oreilles quand il parle de sa fille ! Il m’explique qu’en Inde, on donne deux prénoms aux enfants : un officiel pour les papiers, un pour l’intimité du cercle familial. Évidemment, j’ai oublié l’autre prénom de sa petite merveille. Il ajoute qu’il a bien l’intention d’avoir un deuxième enfant, d’ailleurs ça serait bien qu’un garçon pointe le bout de son nez. Apparemment il l’a décidé, bon d’accord.</p>
<p>Ce qu’il préfère le plus dans la vie ? Sa famille !  Haut la main. ”I enjoy my family, I feel so happy”. Et là dessus il part d’un grand éclat de rire, effectivement ça le rend heureux. Il ajoute que toute sa famille est végétarienne, c’est important, bon bon je note. Et re-grand sourire.<br />
Pourtant il n’est pas tout le temps près des siens. Puisqu’il vient d’un village près de Padhankod.  À 20 heures de route de Delhi. Et c’est donc ce trajet-là qu’il fait à chaque fois qu’il vient travailler. Je crois que c’est le trajet le plus long domicile-bureau dont j’entends parler !<br />
Il est chauffeur depuis l’âge de 18 ans, dont 16 pour le même employeur, basé à Delhi. Ce qui l’amène à être parfois absent 3-4 semaines de chez lui. Mais qui l’emmène aussi bien loin. Car il a ainsi pu aller au Népal ou vers le sud de l’Inde, Bombay ou Hampi, et c’est son plus loin à lui. Et de nouveau, je vous le donne en mille : re-rire !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>David et Gaëlle, « rencontrer l’amour dans un pays qui n’existe pas »</title>
		<link>https://www.howfarhaveyoueverbeen.com/david-et-gaelle-rencontrer-lamour-dans-un-pays-qui-nexiste-pas/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 May 2014 05:21:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] David, Gaële, Nala et Simon. Quatre roux en Inde, version quatre roues tout terrain. Il faut dire qu’ils voyagent beaucoup et dans des endroits un peu fous, David et Gaëlle crapahutant depuis plus de 15 ans sur le terrain pour des ONG. David est mon plus vieil &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/DSCF3100.jpg"><img class="size-full wp-image-2872 aligncenter" alt="Les Hindouroux" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/DSCF3100.jpg" width="1811" height="1796" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]</p>
<p>David, Gaële, Nala et Simon. Quatre roux en Inde, version quatre roues tout terrain. Il faut dire qu’ils voyagent beaucoup et dans des endroits un peu fous, David et Gaëlle crapahutant depuis plus de 15 ans sur le terrain pour des ONG.</p>
<p>David est mon plus vieil ami. Non pas qu’il soit si âgé que cela, bien qu’il ait toujours eu 3 ans de plus que moi. Nous nous connaissons depuis 31 ans maintenant, il a fait le calcul pour moi ! Pour moi, David restera toujours ce grand doux rêveur roux qui m’a fait découvrir l’équitation, Renaud, et  Jo &amp; Zette. Depuis, il est toujours grand, doux, et rêveur. Même quand il est mari attentionné, père de famille, ou Country Director pour une ONG en Inde. Après ses études de droit international et droit humanitaire, il a toujours travaillé en ONG. Dès son service civil à la FIDH. Puis à Avocats sans frontière, Action Contre la Faim, et maintenant Handicap International. Essentiellement en Afrique et en Asie. Même de loin, nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Une amitié de 31 ans, ça se conserve précieusement.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Gaëlle est tout aussi rousse, avec une sacrée pêche, un sens pratique ultra développé (le cadeau qu’elle s’est offert avec son premier salaire ? Une caisse à outils. J’adore.). Dire que cette belle Grenobloise a la bougeotte, c’est un euphémisme. Elle n’a eu de cesse de voyager, et quand elle ne le pouvait pas, on la retrouvait en haut d’une montagne. Pour se donner les moyens de vivre pleinement son amour des voyages et des autres, elle devient infirmière en médecine tropicale, puis réussit le master en santé publique<br />
Depuis 2000, elle a quasiment toujours vécu à l’étranger. Presque toujours pour des missions Médecins sans Frontières. Surtout l’Afrique. Burundi, Angola, Tchad, Cameroun… Elle se retrouve à encadrer des équipes de 75 personnes, qui montent parfois jusqu&rsquo;à 300 comme lors des urgences choléra camerounaises. Aujourd’hui, elle fait Shiva le manager à quatre bras pour Action Contre la Faim en Inde.</p>
<p>Ce qui les fait vibrer en ONG ?<br />
Tous les deux me parlent de leur métier qui a du sens, de l’impact direct de leurs actions, de l’important d’aller sur le terrain. Quelles que soient leurs missions, quels que soient leurs rôles, même au plus haut niveau de responsabilité, ils sont toujours au plus près des gens. David observe la professionnalisation grandissante du secteur, de plus en plus  organisé. Et cela lui plait de contribuer à son développement.<br />
Pour ma part, je suis impressionnée par les responsabilités qui leur incombent, souvent avec des moyens limités face à toutes les actions qu’ils voudraient mettre en place. David est directeur pays pour HI dans un pays qui a la taille de l’Europe. Gaëlle se bat pour lancer rapidement des programmes sur le terrain sans les experts promis par le Siège, qui n’arriveront pas.<br />
Un projet qui ne se passe pas comme prévu ? Ce ne sont pas les indicateurs économiques qui posent problème, les enjeux sont autrement plus lourds. Je leur demande comment ils réagissent face à la mort, aux blessures physiques, au danger. Si David garde une froide distance et Gaëlle est vraiment sensible, tous deux sont révoltés par des situations de vulnérabilité. « L’exclusion est difficilement supportable. Accepter le &laquo;&nbsp;Tu es né la, tu n’as pas le choix&nbsp;&raquo; est quasi impossible ». Quel que soit le pays où ils aient été.</p>
<p>Et à propos de pays, il en est un bien curieux : l’Abkhazie. Dans le Caucase.<br />
Pour toute la communauté internationale, l’Abkhazie n’existe pas en tant que pays, elle fait partie de la Géorgie. Sauf aux yeux de la  Russie et du Nicaragua, ça on se demande bien pourquoi, qui la reconnaissent officiellement. Ce « pays » est sous embargo par la Géorgie et par le reste du monde depuis 1993. En 2004, on compte 12 expatriés seulement, plus des militaires casques bleus pour le maintien de la paix. 12 membres d’ONG. Parmi eux, David et Gaëlle. C’est là qu’ils vont se rencontrer, dans ce pays qui n’existe pas comme dit Gaëlle. Moi je dis que sur 12 personnes, ce n’était pas difficile de rater l’autre roux du quartier. Il n’empêche. Ils se rencontrent et ne se quitteront plus. La petite Nala, un joli prénom caucasien, naîtra quelques années plus tard, elle a 6 ans maintenant. Son frère Simon est né il y a 10 mois, ici, à Delhi. Une sacrée smala d’Hindouroux.</p>
<p>Pour la première fois, ils vont habiter en France. Le départ est donné pour cet été. Après 15 ans à l’étranger, le mot « racines » revient souvent. Connaître et reconnaître ses racines, donner des racines aux enfants, être près de sa famille et de ses racines… Ils évoquent aussi l’envie d’un chez soi, d’un quotidien avec les amis et les parents.<br />
Ils parlent aussi beaucoup de leur énorme appréhension de ce qu’ils vont trouver en France. La morosité de l’état d’esprit. Le résultat des élections européennes. Le côté propre et bien organisé. Ah bon, pourquoi ? « Je crois que le bordel va nous manquer. Ici, c’est le pays des possibles. En France, c’est normé et c’est certes bien pratique, mais il faut tout prévoir. La spontanéité risque d’être moins facile. »<br />
Ils parlent aussi de la crainte du décalage entre la vision de la France et du Monde qu’ils peuvent avoir en étant à l’étranger et celle en métropole. Comment seront-ils dans un milieu franco-français ? Trouveront-ils l’ouverture qui leur tient tant à cœur ? Comment partager avec les amis sédentaires l’immensité du monde ?<br />
Ils sont pleins d’appréhension, mais ils sont surtout sereins et sûrs de leurs choix. Ils savent que les voyages et l’expatriation sont d’une immense richesse, et que vivre en famille parmi les siens en est une autre. Ils sont heureux de cette nouvelle page qui s’ouvre. See you les roux !</p>
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		<title>Michelle, &#171;&#160;voyager loin mais n&#8217;être pas aller assez loin&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 20 May 2014 11:32:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Hong-Kong]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] &#160; Michelle, la pétillante Michelle. Michelle, la douce Michelle. Michelle, la vibrante Michelle. Quelle énergie, pour tout. Pour démêler des projets compliqués, pour dégoter le petit endroit incroyable,  pour organiser qui un week-end avec ses proches, qui une soirée avec ses amis, qui un voyage à l’autre &#8230;]]></description>
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<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/DSCF15561.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2801" alt="Michelle" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/DSCF15561.jpg" width="2439" height="2112" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Michelle, la pétillante Michelle.<br />
Michelle, la douce Michelle.<br />
Michelle, la vibrante Michelle.</p>
<p>Quelle énergie, pour tout. Pour démêler des projets compliqués, pour dégoter le petit endroit incroyable,  pour organiser qui un week-end avec ses proches, qui une soirée avec ses amis, qui un voyage à l’autre bout du monde pour elle, pour prendre un avion comme d’autres prendraient le métro&#8230; Bref, Michelle.</p>
<p>[/ezcol_2third_end]</p>
<p>Michelle que j’ai l’impression de connaître depuis longtemps, comme une amie éloignée. Avant de réaliser que nous ne nous sommes côtoyées que dans le cadre professionnel… il y a huit ans. Les réseaux sociaux ont fait le reste, et les liens virtuels sont devenus réels. Elle m’invite chez elle, à Happy Valley (!) au cœur de Hong-Kong Island et m’ouvre grand les portes de son monde. Avec générosité.</p>
<p>Michelle symbolise à elle seule le mot ‘voyages’, au pluriel bien évidemment. Je ne l’imagine pas autrement qu’entre trois pays, celui d’où elle arrive, celui où elle va partir sous peu, et accessoirement celui où elle est en train de profiter de la vie à pleines dents, là maintenant.<br />
D’ailleurs, elle a trois passeports. Celui du Liban, son pays, l’unique, le sien. Celui du Canada où elle a immigré adolescente. Celui de la France, où elle a habité plusieurs années.</p>
<p>Les grands départs de Michelle correspondent parfois à des dates historiques pas très heureuses. Pourtant elle ne fuit pas en avant, elle réagit. Vite, et fort.<br />
Le Liban est en guerre ? La famille part au Canada en 1989.<br />
Le 11 septembre 2001 voit les tours de NYC tomber alors qu’elle habite juste à coté ? Elle part en France.<br />
Elle travaille à l’organisation de la Société Générale à Paris et veut ouvrir un bureau à Hong-Kong alors que l’affaire Kerviel éclate en 2008 ? Elle ne lâche rien, elle trouve les projets et financements, et elle part.<br />
Elle aura vécu sur tous les continents du Monde, à part l’Amérique du Sud. Mais elle aura parcouru plus de pays que la plupart des gens dans mon entourage. Si le slogan n’avait pas été déjà copyrighté, je parlerais volontiers à son égard de force tranquille.</p>
<p>Je me délecte par avance de son plus loin à elle, mais elle me coupe l’herbe sous le pied, en me disant qu’elle considère ne pas encore être allée assez loin. Je comprends qu’elle ne parle pas de géographie…<br />
C’est curieux, Cassia la Brésilienne rencontrée au Myanmar m’avait dit la même chose. Toutes deux sont de très grandes voyageuses, par passion, par métier. Et ce sont les mêmes mots qui reviennent.<br />
Michelle ajoute : « Tu sais, je crois bien que ma zone de confort c’est le changement. Chaque année je me souhaite de prendre plus de risques. Et quand arrive chaque 31 décembre, je n’ai pas l’impression de l’avoir fait  ». Comme quoi, tout est encore une fois une question de système de références.</p>
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		<title>Jean-Charles, « aller à la maternité des Lilas »</title>
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		<pubDate>Sun, 18 May 2014 23:32:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hélène Micheau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Hong-Kong]]></category>
		<category><![CDATA[Jusqu'où sont-ils allés ?]]></category>

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		<description><![CDATA[[ezcol_1third] [/ezcol_1third] [ezcol_2third_end] Jean-Charles, c’est la découverte d’un ami que ce voyage aura permise. Nous nous connaissons par le monde de la voile. Nous n’avons jamais navigué sur le même bateau, mais avons été plus d’une fois concurrents sur les lignes de départ de régates en France et en Angleterre. &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>[ezcol_1third]</p>
<p><a href="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/DSCF15261.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2858" alt="Jean-Charles" src="http://www.howfarhaveyoueverbeen.com/wp-content/uploads/2014/06/DSCF15261.jpg" width="2181" height="1825" /></a></p>
<p>[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]<br />
Jean-Charles, c’est la découverte d’un ami que ce voyage aura permise.</p>
<p>Nous nous connaissons par le monde de la voile. Nous n’avons jamais navigué sur le même bateau, mais avons été plus d’une fois concurrents sur les lignes de départ de régates en France et en Angleterre.  À défaut de faire des ronds dans l’eau, nous appartenons à un cercle d’amis communs. En 2013, nous prenons chacun des caps différents. Sa compagne Séverine et lui prennent la direction de l’Est pour vivre à Hong-Kong, tandis que j’embarque sur Toumim pour traverser l’Atlantique…</p>
<p>[/ezcol_2third_end]<br />
Et c’est de l’autre côté du globe que nous nous retrouvons. Ils m’accueillent chez eux à mon arrivée, et c’est une belle rencontre que nous offrent nos disponibilités d’esprit et d’emploi du temps.<br />
L’histoire de Jean-Charles et de Séverine est pleine de voyages, de rebondissements, d’opportunités, et de ténacité. Je la raconte à travers les mots de Jean-Charles, avec qui j’ai arpenté les rues de Hong-Kong pendant que Séverine travaillait.</p>
<p>Déjà ça commence bien. Jean-Charles a certes grandi dans le Jura, mais il a été conçu en Californie où ses parents étaient expatriés dès 68. À cette époque ce n’était pas monnaie courante. Y avait déjà un truc.<br />
C’est en région parisienne qu’il apprend son futur métier, celui d’architecte. Le métier que j’ai découvert tard, trop tard pour pouvoir m’y lancer, le métier qui me fascine. Euh, bon, je m’égare. On parle de Jean-Charles, là&#8230; donc je disais… Ah oui. Parce qu’en plus d’être fascinant, le métier d&rsquo;architecte va l’emmener voyager.</p>
<p>Cela commence par une mission de deux mois à Pékin en 1999. Voyage dont il reste un élément d’importance : la découverte de la Chine, une « rencontre » avec ce pays. « Ça s&rsquo;est fait en une semaine ! Comme un coup de foudre ! »<br />
Depuis, il n’aura de cesse que de vouloir travailler en lien avec l’Asie.<br />
Ça tombe bien, il ne va presque plus travailler… qu’au Moyen-Orient. Ses projets sont à Dubaï, au Turkmenistan, au Bahreïn, en Jordanie, en Égypte. Pour la petite histoire qui rejoint la grande, son dernier chantier au Caire aura permis à Jean-Charles de voir passer en cinq ans trois Présidents et deux constitutions. Et de voir la place Tahrir de vraiment très près.</p>
<p>Bref, notre Jean-Charles qui cherchait à travailler en Asie n’est pas complètement comblé sur cet aspect là. Alors, dès qu’il peut, il part en voyage. Plutôt à l’Est donc. Il faut dire qu’il rencontre entre temps la belle Séverine, la sociologue spécialiste de l’Empire du Milieu. Elle part à Pékin ? Il va la retrouver. Elle part à Washington ? Il va l’embrasser.<br />
Fin juin 2013, le vent souffle, fort. Alors qu’ils sont à Paris. Séverine apprend que le poste de ses rêves est à pourvoir à Hong-Kong, branle-bas de combat. Mais il y a un grand changement qui arrive à ce moment-là : ils ne sont plus deux, mais trois. Leur petit bout pointe le bout, justement, de son nez.  Séverine ne laisse pas passer ces deux chances incroyables. Le lendemain (!) de la naissance de leur enfant, elle passe les entretiens, décroche le poste, et revient près de ses deux hommes. La vie ne va plus être la même.</p>
<p>Jean-Charles et Séverine ont trois mois chrono pour changer de vie, littéralement : apprendre la vie de parents, quitter leur boulot respectif, s’expatrier (à trois, et là, on joue dans une autre cour). Le tout avec de longues nuits reposantes et un emploi du temps flexible, à n’en pas douter.<br />
Aujourd’hui, ils ont pris leurs marques à Hong-Kong, sur l’île de Lantau exactement. Jean-Charles vient de décrocher un joli poste, mais comme il est discret, je ne dirai rien. Ils vont au travail en bateau sur Hong-Kong Island. Un doux mélange de vie de jeunes parents à la campagne et de quadra-trentenaires dans l’effervescence d’une grande ville asiatique.</p>
<p>Au fait, Jean-Charles, et ton plus loin alors ?<br />
Nous sommes dans un taxi, il regarde la pluie qui tape sur la vitre. J’attends doucement. Au moment où nous allons arriver à destination, il me dit : « Le plus loin où je suis allé, c’est à la maternité des Lilas. » En juin dernier donc.<br />
Car si Jean-Charles a beaucoup voyagé (baroude, expatriation, exploration…), il se dit que le plus grand voyage qu’il ait fait, le plus gros risque qu’il ait pris, c&rsquo;est avoir un enfant. Serait-ce son Ithaque à lui ?<br />
« Quand ton enfant naît, tu sais que tu en prends pour perpet’ mais tu ne sais pas si tu vas y arriver. Si l’on m’avait tout dit des difficultés avant, je n’aurais jamais cru que je puisse y arriver. Alors que si. Une fois que tu y es, tu ne te poses plus de questions, tu gères, tu as de belles surprises et de grandes joies. »<br />
Exactement comme un voyage au long cours. Une expatriation ou un tour du monde. Le plus difficile, c’est ‘avant’, cet inconnu qui semble si compliqué. Ensuite, tout coule, facilement, parfois avec quelques rapides qui peuvent impressionner mais jamais longtemps, on ne vit qu’au rythme des vagues. Avec beaucoup de bonheur.</p>
<p>&nbsp;</p>
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